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Contraception : l'importance de la première consultation gynécologique

[ Publié le 18 janvier 2013 ]

La consultation en vue de la prescription d'un premier moyen de contraception est essentielle. Le point sur les étapes qu'elle doit comporter.

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Prendre la pilule, ou toute autre forme de contraception hormonale, pour la première fois, est une étape importante dans la vie d'une femme. Dans l'absolu, la prescription de contraception n'est jamais anodine. La polémique sur l'augmentation du risque de thrombose veineuse attribué aux pilules de 3ème et 4ème générations en est une illustration édifiante.

Toutefois, la consultation, auprès d'un gynécologue ou d'un généraliste, précédent la première prescription d'une contraception hormonale doit être particulièrement approfondie.

Instaurer une relation de confiance
"Avant tout, il faut essayer de comprendre le fonctionnement de la jeune fille, son environnement familial, scolaire et social. Vit-elle avec ses parents ? Est-elle venue de son plein gré ? Mais aussi, a-t-elle débuté une sexualité active ? Quelles sont ses connaissances en anatomie et en physiologie ?", explique le Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue à l'Hôpital Robert Debré de Paris. Ces informations permettent au médecin de se familiariser avec la jeune femme et sa vie quotidienne. Il offre aussi la possibilité de mettre en place un climat de confiance entre la patiente et son praticien

Antécédents et comportements à risque
"Ensuite, les antécédents familiaux et personnels doivent être passés au crible Le médecin doit notamment s'informer sur les facteurs de risque comme le diabète, le cholestérol, l'hypertension artérielle, le cancer du sein. Mais aussi les éventuelles thrombophlébites dont auraient pu souffrir ses proches ou elle-même", poursuit la gynécologue.

Enfin, la jeune patiente doit être interrogée sur sa consommation de tabac, d'alcool et éventuellement d'autres drogues. "En outre, les prises médicamenteuses et les pathologies chroniques comme l'épilepsie, doivent être notées", conclut le Dr Raccah-Tebeka.

Un bilan biologique complet
"Si la jeune femme est en surpoids, ou s'il y a des antécédents familiaux, un bilan de la glycémie, des triglycérides et du cholestérol doit être demandé", détaille la gynécologue. Et d'ajouter : "S'il existe des antécédents personnels ou familiaux de phlébite ou d'embolie pulmonaire, le dépistage d'une anomalie génétique de la coagulation peut aussi être prescrit".

Un examen clinique adapté
L'examen clinique doit être mené avec beaucoup de sérieux et de douceur. Le poids et la tension seront mesurés. Le calcul éventuel de l'indice de masse corporelle (IMC) et du rapport taille/hanche peut aussi être effectué si l'adolescente présente un surpoids.

Le contrôle de l'état de la peau est impératif pour vérifier s'il existe un acné ou une hyperpilosité. "De plus, un examen des seins est obligatoire pour toutes les patientes. En revanche, l'examen gynécologique dépend de la situation de la jeune femme. Si elle n'a pas débuté d'activité sexuelle et ne présente aucun problème de menstruations, il peut être reporté", indique le Dr Raccah-Tebeka.

Le choix de la contraception
Suite à cette consultation, "la majorité des jeunes femmes s'orientent vers la pilule", note Brigitte Raccah-Tebeka. "Cette première contraception n'est prescrite que pour une durée de 3 mois. Ensuite, un nouveau rendez-vous est donné pour faire le point. C'est alors que peuvent être proposées d'autres méthodes contraceptives, si la pilule ne convient pas. Dans tous les cas, un bilan biologique est effectué à ce stade. Enfin, le renouvellement de la pilule n'est jamais anodin. Il faut refaire le point avec la patiente, au moins une fois par an", insiste le médecin.

En matière d'observance, la pilule a longtemps été pointée du doigt. Si elle était souvent oubliée, elle l'est beaucoup moins aujourd'hui. Notamment grâce aux téléphones portables. Les jeunes filles programment l'alarme pour y penser. Et ça marche !

Pour aller plus loin : Consultez la liste des pilules commercialisées en France fournie par l'ANSM. Consultez la fiche de la HAS rappelant les recommandations concernant la prescription des pilules 3ème et 4ème générations. Lisez les questions/réponses de l'ANSM sur les pilules contraceptives et les risques thromboemboliques.

Source : interview du Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue à l'Hôpital Robert Debré, Paris, 8 janvier 2013.

(Destination santé ©)

Mot-clef : Contraception

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