Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Maladies cardiovasculaires : les femmes davantage touchées

Actualités santé

Maladies cardiovasculaires : les femmes davantage touchées

[ Publié le 17 décembre 2012 ]

Pire que le cancer du sein, les maladies cardiovasculaires tuent chaque année davantage de femmes. Décryptage.

actu_maladie_cardio_femme_psm

"Aujourd'hui en France, une femme sur trois décède d'une maladie cardiovasculaire. C'est 7 fois plus que la mortalité par cancer du sein", observe le Pr Claire Mounier-Véhier, cardiologue au CHRU de Lille. Alors non, thrombose veineuse, accident vasculaire cérébral (AVC) et autres infarctus du myocarde ne sont pas un apanage masculin ! "Le problème est que les femmes n'ont pas vraiment conscience des risques", observe-t-elle. C'est pourquoi elle mise sur l'information des femmes les plus exposées. Encore faudrait-il qu'elles se reconnaissent !

Pillule et tabac : deux ennemis
Pour le Dr Mounier-Vehier, "le plus troublant dans notre pays, c'est que le nombre d'hospitalisations pour infarctus diminue dans la population générale". Précisément de 7,4% entre 2002 et 2008. "Mais chez les femmes de 35 à 65 ans, il augmente de 6,7% sur la même période", poursuit le médecin. Cette tendance s'explique par l'évolution préoccupante de cinq facteurs de risque pourtant "modifiables" : le tabagisme, le stress, la sédentarité, le diabète et le surpoids.

"Les femmes sont beaucoup plus sensibles aux effets du tabagisme. Et plus encore lorsqu'elles recourent à une contraception à base d'œstrogènes de synthèse. Dans ce cas, le risque d'infarctus ou d'AVC est multiplié par 30 !", pointe le Dr Mounier-Vehier. Tabagisme donc, mais aussi diabète et stress vont également "diminuer voire annihiler l'effet vasodilatateur et anti-thrombotique des œstrogènes naturels". Ces derniers perdent leur effet protecteur sur le plan cardiovasculaire. "Pour expliquer l'évolution du risque d'AVC, nous ajoutons deux autres facteurs de risque : l'hypertension artérielle (HTA) et la fibrillation auriculaire (FA)", indique le cardiologue.

Attention à la tension et au cœur
"Très tôt, nous surveillons la tension artérielle des jeunes femmes. Systématiquement, avant chaque renouvellement de pilule, nous devons la mesurer. La seule présence d'une hypertension multiplie par 18, le risque d'infarctus ou d'AVC", souligne le Dr Mounier-Vehier. Quant à la fibrillation auriculaire, elle est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Elle provoque des battements cardiaques rapides et irréguliers et son incidence augmente avec l'âge. A tel point qu'une personne de plus de 85 ans sur cinq (18%) est concernée.

Voilà pourquoi "si l'HTA constitue le premier facteur de risque d'AVC, nous surveillons aussi de près la fibrillation auriculaire, ajoute le Dr Mounier-Véhier. Après 35 ans, le risque pour une femme de former des caillots sanguins augmente pour des raisons physiologiques, expliquées notamment par la diminution des œstrogènes. Bien souvent un AVC dû à une FA sera plus sévère chez une femme que chez un homme".

Bien se connaître pour bien se protéger
Pour prévenir ces accidents, Claire Mounier-Vehier cite en premier lieu l'activité physique. "A partir de la ménopause, avec l'arrêt des œstrogènes naturels, la femme a tendance à prendre du poids, notamment au niveau de l'abdomen. Pour contrecarrer ce phénomène et limiter les effets de ce que nous appelons le syndrome métabolique de la ménopause, la pratique régulière d'une activité physique est préconisée. Avant de se lancer, il est recommandé d'effectuer un bilan cardiologique idéalement assorti d'une épreuve d'effort".

Le Dr Mounier-Vehier insiste aussi sur un autre aspect plus inattendu : "il faut bien connaître son dossier médical. En particulier, les phases-clés de sa vie hormonale : la contraception, la grossesse et la ménopause ". Elle explique : "Une femme qui a par exemple souffert d'une hypertension au cours de sa grossesse sera davantage exposée qu'une autre au risque d'AVC à la péri-ménopause. Il faut le savoir, et le dire à son médecin".

Sources : Interview du Dr Claire Mounier-Véhier, 28 novembre 2012. European society of cardiology 2012 : "Decrease in early mortality in Stemi (heart attack) attributed to changing patient profile and behaviour, and improved organisation of care". Data from four French registries over 15 years.

(Destination santé ©)

Mot-clef : Cardiovasculaire

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

CHOISIR

logo_3935_ColDroite



Cholestérol, hypertension : votre médecin vous conseille de perdre du poids.

Nos diététiciennes vous aident à modifier vos habitudes alimentaires !

En savoir plus

ECHANGER