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Actualités santé

L'euthanasie en France reste marginale

[ Publié le 5 décembre 2012 ]

Où en sommes-nous de l'euthanasie en France ? Pour la première fois des données permettent de chiffrer cette pratique interdite par la loi hexagonale.

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L'euthanasie selon le Petit Robert, consiste en "l'usage de procédés qui permettent d'anticiper ou de provoquer la mort, pour abréger l'agonie d'un malade incurable ou lui épargner des souffrances extrêmes". Illégale en France, elle est néanmoins pratiquée à un degré inconnu... jusqu'à aujourd'hui. Pour la première fois, l'Institut national d'études démographiques (Ined) démontre le niveau réel de l'euthanasie : celle-ci concernerait 0,6% des décès. Le travail a été mené auprès de médecins qui ont répondu sous couvert d'anonymat et a pris en compte 5.000 décès survenus en 2010 en milieu hospitalier, à domicile et dans divers établissements médicosociaux.

 

Faible demande de la part des patients
En liaison avec l'Observatoire national de la fin de vie (ONFV), cette première étude sur les conditions de la fin de vie en France s'est largement inspirée des travaux similaires réalisés en Belgique et aux Pays-Bas où l'euthanasie est légale depuis 10 ans. Sous garantie d'anonymat, les auteurs ont interrogé les médecins ayant signé les certificats de décès. Au total, sur 5.000 décès, "148 (soit 3,1%) ont été provoqués par une décision médicale prise dans l'intention délibérée de mettre fin à la vie du patient", souligne l'ONFV.

Seules 29 de ces décisions (0,6%) ont été prises sur la demande explicite du patient concerné. Précision supplémentaire: ces morts sont provoquées dans, 0,2% des cas, "par administration d'une substance létale. Les 0,4% restants sont principalement le fait de médecins qui ont intensifié les anti-douleurs dans le but de provoquer la mort ou qui ont arrêté une réanimation", a précisé Lucas Morin, directeur de l'ONFV.

La loi Leonetti est mal appliquée
Si en France, la loi Leonetti de 2005 maintient l'interdiction de donner délibérément la mort à autrui, elle condamne "l'obstination déraisonnable", ou acharnement thérapeutique. Elle donne également le droit au patient de refuser un traitement. Selon les auteurs de l'étude de l'Ined, "sa mise en œuvre reste très inégale. Les décisions de fin de vie ne sont pas suffisamment discutées avec les patients ni avec les équipes soignantes. Dans plus d'un cas sur cinq, la discussion n'a pas lieu alors même que la personne en fin de vie est consciente de ses actes. Plus grave, lorsque la personne malade était inconsciente, la décision d'arrêt de traitement a été prise par un médecin seul dans la moitié des cas".

Un peu moins de 7% des décisions visant à limiter ou à interrompre les traitements sont effectivement prises à la demande du patient. En fait, seuls 2,5% des malades concernés avaient rédigé des directives anticipées, comme les y autorise la loi Leonetti. Dans un cas sur quatre, la décision a été prise par une "personne de confiance" désignée pour représenter le malade. Ainsi selon l'ONFV, disposons-nous enfin "pour la première fois de données fiables (permettant) d'appréhender de façon rigoureuse la réalité de la fin de vie dans notre pays". De quoi alimenter le débat public en données de qualité.

Sources : Observatoire national de la fin de vie, 3 décembre 2012. Site du Sénat, consulté le 3 décembre 2012. Centre national de ressources textuelles et lexicales, consulté le 3 décembre 2012.

(Destination santé ©)

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