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Bronchiolite : la kinésithérapie respiratoire contestée

[ Publié le 7 décembre 2012 ]

Avec l'hiver, les bronchiolites peuvent survenir chez les nourrissons. Dans certains cas, le recours à la kinésithérapie respiratoire est nécessaire. Mais cette technique est sujette à controverse.

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Le dernier numéro de la Revue Prescrire a littéralement fait bondir la Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR). Selon différentes études reprises dans ce périodique, "chez les nourrissons atteints de bronchiolite, la kinésithérapie respiratoire a une balance bénéfices-risques défavorable".

La bronchiolite est une maladie virale qui est due, 7 fois sur 10, au virus respiratoire syncitial (VRS). Elle se manifeste par une toux sèche, provoquée par une inflammation de la trachée et des bronches. Celle-ci s'accompagne souvent d'expectorations. Parfois, la respiration de l'enfant devient rapide et sifflante. Si la plupart des cas évoluent spontanément de manière favorable, il peut arriver que la maladie impose une hospitalisation.

Une fracture pour 1.000 nourrissons traités
En 2010, les données scientifiques disponibles montraient, selon Prescrire, que "la kinésithérapie n'avait pas d'efficacité prouvée pour accélérer la guérison des nourrissons atteints de bronchiolite". En 2012, les rédacteurs enfoncent le clou, s'appuyant sur une méta-analyse effectuée par la Cochrane collaboration qui a valeur de référence internationale. Cette dernière a recensé neuf essais comparant la prise en charge de la bronchiolite avec ou sans séances de kinésithérapie respiratoire.

La kinésiethérapie est très utilisée en France. Elle vise à accélérer le flux respiratoire en provoquant la toux afin de désencombrer les voies aériennes supérieures et les poumons. "Avec ou sans kinésithérapie respiratoire, la durée moyenne de la maladie a été d'environ 13 jours", fait valoir Prescrire. La revue ajoute que dans ces essais plusieurs effets indésirables ont été observés : "désaturation en oxygène pendant la séance, vomissements avec la technique d'accélération du flux". De plus, "la kinésithérapie respiratoire expose les nourrissons à des douleurs et des fractures de côtes. Et selon une étude rétrospective conduite dans des hôpitaux parisiens, le risque est d'une fracture pour 1.000 nourrissons traités".

Soulager le bébé, pas le guérir
De son côté, la FFMKR voit rouge. "Affirmer aujourd'hui, dans une synthèse de 9 études, que la kinésithérapie respiratoire n'est pas efficace pour combattre la bronchiolite est intolérable et va engendrer une panique inutile". Ses responsables dénoncent le fait que ces pratiques sont attaquées chaque année à la même époque. Ils rappellent ainsi que dans ses recommandations de 2000, la Haute Autorité de santé (HAS) indiquait que "la prise en charge d'une bronchiolite aiguë du nourrisson est essentiellement symptomatique, la prescription de kinésithérapie n'est pas systématique. Elle dépend de l'état clinique de l'enfant".

Or ces recommandations n'ont toujours pas évolué, malgré la publication des différentes études citées par la Revue Prescrire. La FFMKR souligne que le rôle du masseur-kinésithérapeute "n'est pas de guérir un virus mais de faciliter l'évolution de l'épisode de bronchiolite, de soulager le nourrisson et d'éviter les complications, parfois dramatiques comme les détresses respiratoires".

Sources : La Revue Prescrire, décembre 2012, tome 32, N° 350, page 927. Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), 4 décembre 2012.

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