Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Aurélie Chauvin : « Pour les jeunes, l'infection du VIH/sida est floue et peut-être moins grave qu'avant. »

Actualités santé

Aurélie Chauvin : « Pour les jeunes, l'infection du VIH/sida est floue et peut-être moins grave qu'avant. »

[ Publié le 4 décembre 2012 ]

Selon une enquête de l’Agence régionale de santé Ile-de-France, les jeunes sont moins informés qu’auparavant sur le sida et se protègent moins bien . Ainsi, en 2009, 6.700 Français ont découvert leur séropositivité, c’est plus qu’en 2008 alors que ce chiffre était en baisse constante depuis 2004. Aurélie Chauvin, animatrice prévention à l’association de lutte et d’information sida de l’Indre explique comment sensibiliser les jeunes d’aujourd’hui à ce sujet.

sida_chat

Pourquoi les jeunes d’aujourd’hui semblent moins sensibilisés sur le sida ?

Aurélie Chauvin - Je travaille dans la prévention auprès des jeunes depuis 10 ans et j’ai pu constater qu’aujourd’hui, le virus de l’immunodéficience humaine ou VIH reste flou pour les jeunes. Ils n’ont pas, dans leur entourage, de personnes connues, atteinte par le VIH, en tout cas moins que dans les années 80-90. Ils entendent parler du sida dans les médias, sur Internet, mais ne le voient pas. Le virus n’est pas concret pour eux.

En outre, les jeunes font confiance à leur partenaire très rapidement et n’imaginent pas qu’il puisse être séropositif. Souvent, ils ne se font pas dépister avant de ne plus mettre de préservatif avec leur partenaire.

 

Comment abordez-vous le sujet avec les jeunes ?

Aurélie Chauvin - Je commence mes interventions dans les collèges et les lycées, en évoquant la sexualité. Il faut rassurer les jeunes pour qu’ils n’associent pas les relations intimes à un danger. Ensuite, je m’adapte aux connaissances de chacun. Elles varient d’un élève à l’autre, selon ce qu’ils ont appris durant leur scolarité, auprès de leur famille, ou au cours de leurs expériences. Pour les collégiens, j’explique ce qu’est la maladie, comme elle se transmet, ce qu’elle provoque… Les lycéens, eux ont déjà ces notions, ils savent ce qu’est un préservatif, à quoi il sert. J’oriente davantage mon propos sur le rapport à l’autre, le respect, l’importance de se protéger, les réactions à adopter dans certaines situations, par exemple lorsque le partenaire refuse de se protéger. J’essaye avant tout de susciter des échanges sur le sujet.

 

Quels conseils donner aux parents qui souhaiteraient aborder le sujet ?

Aurélie Chauvin - Il est normal qu’un parent veuille parler de sexualité avec son enfant pour le prévenir des risques qu’il court. Il est préférable de le faire en respectant l’intimité du jeune, en le laissant poser ses questions, en ne transformant pas la discussion en interrogatoire. Mieux vaut y aller en douceur, les parents peuvent montrer qu’ils sont ouverts à la discussion en dispersant des brochures d’information, ici et là. Ils doivent rester conscients que leur enfant ne leur posera pas toutes les questions qu’il a en tête. Mais ils peuvent l’orienter vers des associations comme la nôtre, vers le planning familial ou vers les maisons de l’adolescent. L’essentiel est que le jeune trouve un adulte à qui parler.

Propos recueillis par Béatrice Bochet

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

ECHANGER