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Actualités santé

Diagnostic préimplantatoire, mode d'emploi

[ Publié le 28 novembre 2012 ]

Les personnes porteuses d'anomalies génétiques graves sont souvent réticentes à avoir des enfants. La science peut aujourd'hui les aider à concevoir un bébé en pleine forme.

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Le diagnostic préimplantatoire (DPI) permet aux couples, potentiellement porteurs d'une maladie génétique grave, de mettre au monde un enfant en bonne santé. Trois centres en France peuvent le pratiquer : l'hôpital Arnaud de Villeneuve (Montpellier), l'hôpital Antoine Béclère (Clamart) et le centre médico-chirurgical obstétrique de Schiltigheim, près de Strasbourg.

En France, le recours à cette technique est strictement encadré par la loi de Bioéthique. "Pour bénéficier d'un DPI en France, l'un des membres du couple doit être porteur d'une maladie génétique grave et incurable", souligne le Pr Samit Hamamah, professeur de médecine et biologie de la reproduction à l'hôpital de Montpellier.

Une fois considérés comme "éligibles", les futurs parents sont pris en charge par l'équipe d'un des centres agréés. Un DPI est toujours réalisé sur des embryons obtenus par fécondation in vitro (FIV). Dans les trois jours, une ou deux cellules embryonnaires sont prélevées pour être analysées. L'objectif est de dépister une anomalie génétique transmise par l'un des deux parents. Les embryons porteurs de l'anomalie sont écartés, les autres implantés dans l'utérus de la mère.

Des voisins européens moins stricts
En Espagne et en Belgique, de nombreuses cliniques font commerce de ces techniques de DPI. L'une d'entre elles, basée à Barcelone, a par exemple récemment diffusé un communiqué annonçant la "naissance du premier bébé sain d'un père présentant 2 anomalies chromosomiques, grâce à une technique innovante de procréation assistée"."Cela n'a rien d'extraordinaire", assure Samir Hamamah. Selon lui, il s'agit ni plus ni moins "d'un coup de pub". Et d'ajouter "cette clinique a des pratiques de marchands de tapis. Et je pèse mes mots. Elle vend des ovocytes aux couples, dont les trois quarts sont français, qui souffrent d'un déficit de dons de gamètes dans leur pays".

A la différence des équipes françaises, les généticiens espagnols ou belges utilisent une technique "déjà connue et largement employée mondialement", souligne le Pr Hamamah : la CGHrapide. Elle permet de passer en revue de façon systématique les chromosomes de l'embryon, à la recherche de tout défaut génétique."En France, la loi n'autorise pas cette pratique, considérée comme eugéniste", conclut-il.

Sources : interview du Pr Samir Hamamah, professeur de médecine et biologie de la reproduction du CHRU de Montpellier, 15 novembre 2012.  Agence de la biomédecine, 15 novembre 2012. Clinique Eugin, 6 novembre 2012.

(Destination santé ©)

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