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Actualités santé

Trouble bipolaire : adapter le traitement à chaque patient

[ Publié le 11 octobre 2012 ]

Relativement fréquents, mais difficiles à détecter, les troubles de l'humeur se soignent bien. Encore faut-il que le traitement tienne bien compte des spécificités du malade.

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Les "dérèglements de l'humeur" sont compliqués à prendre en charge : pour le malade, pour ses proches, pour les soignants. Cependant, les recommandations thérapeutiques ont progressé. Le Pr Michel Llorca est psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand et membre de la Fondation FondaMental. Il a participé à l'élaboration de ces préconisations et explique les grandes lignes d'une prise en charge efficace.

Un diagnostic tardif
Le trouble bipolaire, l'autre nom de ces dérèglements de l'humeur, frappe 1,5 million de personnes en France. Il a de lourdes répercussions sur les proches des malades et un fort retentissement sur la vie sociale de ces derniers. Par ailleurs, leur taux de mortalité est supérieur à celui de la population générale. Chez les malades qui ne sont pas pris en charge, le risque suicidaire par exemple est augmenté de 15% à 20%. Enfin le trouble bipolaire expose également aux maladies cardiovasculaires, au diabète et à l'obésité.

"Cette affection est marquée par l'alternance entre des épisodes dépressifs et maniaques", indique le Pr Llorca. "Or elle est parfois difficile à identifier, ce qui explique pourquoi le diagnostic est souvent tardif, 10 ans parfois après les premiers signes". La prise en charge proposée doit à la fois tenir compte des formes variées de la maladie, et du caractère unique de chaque patient. Elle repose sur deux grands principes : "il est indispensable de proposer une prise en charge à la fois médicamenteuse et psychothérapeutique".

Mieux gérer le quotidien
De nombreux patients présentent un rythme de vie perturbé et par conséquent des troubles du sommeil. Selon le Pr Michel Llorca, "ces derniers sont un facteur important de rechute. Il est donc nécessaire de l'expliquer au patient et de lui proposer une prise en charge destinée à mieux gérer sa vie quotidienne et son rythme". En phase maniaque, le patient sera dans un tel état d'excitation qu'il va s'exposer à des troubles du comportement caractérisés par des prises de risque inconsidérées.

"Comme il se sent bien, il est délicat de lui faire accepter la prise d'un médicament et surtout la bonne observance de la prescription. Pour la phase maniaque, nous disposons de trois grandes catégories de traitements". En fonction du profil de chaque patient, le praticien peut associer ces trois traitements et proposer aussi une prise en charge reposant sur la psychothérapie. Le Pr Llorca tient enfin à préciser qu'en phase dépressive, "l'utilisation d'antidépresseurs augmente le risque d'état maniaque. C'est pourquoi ces traitements doivent être associés avec les antipsychotiques ou les anticonvulsivants. Autrement dit, avec un médicament qui empêche la survenue d'un état maniaque".

Sources : Fondation FondaMental, consulté le 3 octobre 2012. Interview de Pierre-Michel Llorca, 28 septembre 2012.

(Destination santé ©)

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