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Actualités santé

OGM : front uni contre l'étude alarmante d'Eric Séralini

[ Publié le 25 octobre 2012 ]

La communauté scientifique n'en finit pas de critiquer l'étude parue en septembre et qui souligne la dangerosité des OGM. Explications.

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Après l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le 4 octobre dernier, six académies nationales françaises, le 19 octobre, et le Haut conseil des biotechnologies, lundi 22 octobre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient, à son tour, de pointer sévèrement les faiblesses de l'étude, dite "Etude Séralini", portant sur la dangerosité du maïs OGM.

Pas de réels liens de cause à effet
Ce véritable front des scientifiques adresse un véritable camouflet aux auteurs de ce travail dont les résultats alarmants ont tourné en boucle dans les médias français et au-delà. L'Anses a été saisie par le gouvernement pour examiner la publication parue le 19 septembre dernier. Selon l'Agence, "les résultats de ce travail de recherche ne permettent pas de remettre en cause les évaluations réglementaires précédentes sur le maïs NK603 et le Roundup". Pour ses responsables, "la faiblesse centrale de l'étude réside dans le fait que les conclusions avancées par les auteurs sont insuffisamment soutenues par les données de cette publication. Celle-ci ne permettent pas d'établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation du maïs OGM et/ou des pesticides et les pathologies constatées".
L'Anses recommande que des études et des recherches soient engagées pour déterminer les effets à long terme des OGM. "Ces travaux devraient être menés dans le cadre de financements publics et sur la base de protocoles d'investigation précis" estime l'Agence.

Une communication peu éthique
Pour leur part, six académies scientifiques ont publié le 19 octobre un avis pour le moins virulent. "La méthodologie statistique classique n'a pas été employée en ce qui concerne la survenue des tumeurs, le choix des animaux utilisés est sujet à caution, et enfin des éléments quantitatifs essentiels pour l'interprétation des résultats ne sont pas pris en compte". Ils s'étonnent d'ailleurs de l'ampleur du bruit médiatique provoqué par ce travail, qui a résonné jusque dans les ministères et le Parlement. "Il est rare, en France, qu'un non-événement scientifique de cette nature suscite de telles passions, jusqu'à mobiliser aussi rapidement les membres du Parlement", soulignent les signataires. Ils condamnent enfin l'opération de communication savamment orchestrée par les équipes de Séralini.

Pour aller plus loin : Lire l'avis du Haut conseil des biotechnologies ainsi que l'avis des six Académies. Prendre connaissance de l'avis de l'Anses.  Enfin, télécharger l'étude du Pr Séralini.

Sources : Avis des Académies nationales d'agriculture, de médecine, de pharmacie, des sciences, des technologies et vétérinaire, 19 octobre 2012. Haut conseil des biotechnologies et Anses, 22 octobre 2012.

(Destination santé ©)

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