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Actualités santé

Betty Saada : « Le deuil s'accomplit à travers le souvenir de l'autre »

[ Publié le 29 octobre 2012 ]

Passage obligé après la perte d’un être cher, le deuil est une période difficile au cours de laquelle il faut apprendre à vivre sans l’autre. Souvent désemparé, l’entourage d’une personne endeuillée ne sait pas toujours comment l’aider à traverser cette épreuve. Betty Saada, psychanalyste et formatrice au Centre national de ressources soin palliatif, explique comment accompagner un proche qui vit un deuil.

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Que représente le deuil aujourd’hui ?

Betty Saada : Aujourd’hui, les endeuillés davantage confrontés à leur solitude ont besoin d’aide plus qu’hier. Le recours aux professionnels, psychanalystes, psychiatres, psychologues et aux bénévoles est de plus en plus fréquent. Autrefois, la période de deuil s’affichait par le port de vêtements noirs et du crêpe à la boutonnière. Dans la rue, les passants pouvaient constater qu’il y avait eu un décès grâce à la tenture noire sur la porte. Aujourd’hui, ces signes ne sont plus visibles.

Par ailleurs, dans notre société où tout doit aller vite, on ne prend plus le temps nécessaire du deuil. C’est un processus indispensable à traverser pour continuer à vivre en pensant à la personne défunte sans souffrance. Ce processus psychique inconscient se fait en nous et malgré nous.

Dans le travail de deuil, on peut repérer cinq phases, pas toujours rencontrées dans cet ordre : la sidération, le déni, la révolte, la dépression et l’acceptation. Le temps d’un deuil est variable et singulier. Une année est le temps minimum, le temps de revisiter toutes les dates anniversaires jusqu’à celle du décès

 

Comment peut-on aider un proche endeuillé ?

Betty Saada : L’appeler, prendre de ses nouvelles, l’écouter. Lui montrer que vous êtes là, lui offrir un espace où il pourra parler de la personne décédée, de ce qu’il ressent. Même si vous avez l’impression qu’il répète souvent la même chose, prendre le temps d’aider votre proche à parler, à explorer sa douleur est important. Pour cela, vous pouvez lui poser des questions sur sa relation avec le défunt, les circonstances du décès, l’aider à évoquer des souvenirs, les bons mais aussi les mauvais. Quand le décès survient suite à une longue maladie, le vide peut être ressenti doublement : d’une part, la perte de la personne physique mais aussi celle du temps passé auprès d’elle.

Il arrive que l’on conseille à la personne endeuillée de ne pas ressasser ce qui est douloureux, d’éviter de trop y penser ou en parler. C’est tout le contraire qui est aidant. Plus on en parle et plus le travail de deuil s’accomplit.

Le deuil passe par le souvenir. Il faut mettre fin à l’idée reçue selon laquelle il ne faut pas pleurer, montrer ses émotions, ou parler du défunt. Et même si l’absence continue à se faire sentir, l’endeuillé peut retrouver le  goût à la vie.

 

En dehors de son entourage, où trouver de l’aide ?

Betty Saada : Le médecin généraliste peut se rendre compte que son patient n’arrive pas à s’engager dans un travail de deuil. Il peut alors l’orienter vers un professionnel ou une association. Au Centre national de ressources soin palliatif, on peut trouver un accueil pour aider les personnes endeuillées et les orienter si nécessaire vers une offre adaptée

Propos recueillis par Béatrice Bochet

Mots-clefs : Deuil , Psychologie

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