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Actualités santé

Associations de patients et laboratoires pharmaceutiques : un financement qui fait débat

[ Publié le 18 octobre 2012 ]

Et si les associations de patients étaient dépendantes des dons des grands laboratoires pharmaceutiques ? C'est ce que laisse entendre la Haute autorité de santé. Explications.

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Le financement des associations de patients par les laboratoires pharmaceutiques fait polémique. Les montants versés au cours de l'année 2011 par des industriels seront bientôt accessibles dans un rapport publié par la Haute autorité de santé (HAS).

En effet, la loi Hôpital, patient, santé et territoires (HPST) du 21 juillet 2009 fait obligation aux associations de déclarer les dons qu'elles ont perçus, ainsi que leur provenance. En révélant les montants les plus importants, un quotidien met en question l'indépendance des associations de malades vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique. Vrai ou faux débat ?

Des aides conséquentes mais ciblées
Il est de notoriété publique que les laboratoires versent chaque année des sommes souvent importantes à des associations de patients. Johnson & Johnson, par exemple, a fait des dons à hauteur de 628.500 euros l'an passé. Moins importantes, les sommes versées par Abbott (329.430 euros) et GlaxoSmithKline (GSK, 299.155 euros) restent très significatives et traduisent l'attente du tissu associatif.

Logiquement, les donateurs ont tendance à choisir des associations de patients concernés par une maladie dans laquelle ils ont une expertise reconnue ou une recherche en cours. Ainsi le laboratoire GSK donne-t-il largement à l'association "Asthme et Allergies". Une politique logique selon ses dirigeants qui soulignent qu'il est en pointe dans la lutte contre l'asthme.

Les associations nient être "achetées"
Le choix des destinataires de ces dons reflète-t-il uniquement un intérêt commercial ? On peut logiquement penser que les donateurs espèrent promouvoir la visibilité de la maladie concernée et en retirer un bénéfice. Il n'en reste pas moins qu'ils se défendent d'avoir une quelconque influence sur les publications et les choix des actions menées par ces associations.

Ces dernières se défendent tout aussi vigoureusement d'être sous influence. "Si l'industrie pharmaceutique nous soutient financièrement, elle n'est pas un acteur de santé. Elle n'est ni derrière le téléphone, ni présente sur les lieux de rencontre des patients qui recherchent du soutien auprès des associations", souligne le Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Et d'ajouter : "Elle n'a accès à aucune donnée personnelle de santé".

Défaut de financements publics
Le vrai problème, d'après le CISS, vient du manque cruel de fonds dont souffrent ces associations. En effet, "jamais les pouvoirs publics n'ont accepté de reconnaître et de financer, à la hauteur attendue, les missions d'accompagnement des patients conduites alors même que la loi en a consacré l'existence". Une partie de la recherche médicale, du soutien et de l'information aux malades et même la mise à disposition de certains traitements sont financés par les associations de patients. "L'accès aux soins de support du cancer du sein, par exemple, n'est possible que parce que les associations permettent d'en bénéficier à moindre coût", argumente le CISS. "Cette aide est réalisable uniquement grâce aux soutiens financiers que l'on se complaît à critiquer".

Source : CISS, 12 octobre 2012.

(Destination santé ©)

Mots-clefs : Médicament , Politique santé

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