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Actualités santé

Une vessie trop "active" n'est pas une fatalité

[ Publié le 13 septembre 2012 ]

Des millions de Français souffrent du syndrome d'hyperactivité vésicale. Cette maladie ne doit plus être un tabou, il existe des traitements.

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Le "syndrome d'hyperactivité vésicale" touche près de 3,8 millions de Français. Il se définit par la survenue de besoins d'uriner soudains, impérieux, difficiles voire impossibles à maîtriser. Dans la plupart des cas, les femmes sont concernées, mais les hommes n'échappent non plus pas à ce problème de santé. Le plus souvent, les patients n'osent pas parler de ce trouble à leur médecin, alors même que leur qualité de vie est affectée.

Un syndrome vécu comme une fatalité
Le syndrome se manifeste par des contractions anarchiques et anormales (par leur fréquence et leur intensité) des muscles de la vessie. En temps normal, ces derniers ne se contractent que lorsque la vessie est pleine, signalant ainsi le besoin d'uriner. En cas d'hyperactivité vésicale, ces contractions musculaires peuvent survenir à tout moment, même si la vessie n'est pas encore pleine. D'où des envies d'uriner soudaines, impérieuses et difficilement contrôlables.

"Trop de patientes vivent cette situation comme une fatalité inhérente à leur âge", explique le Dr Brigitte Fatton, gynécologue au CHU de Nîmes. "Certes, le risque augmente avec les années, mais ce n'est pas une maladie du troisième âge. Il est important de dire aux personnes concernées que nous disposons de traitements".

Pudeur et tabou autour de la maladie
En dépit d'un retentissement important sur la qualité de vie, seulement 32% des patients consultent un médecin. Un constat encore aggravé par le fait que 27% des cas décelés, pas davantage, sont effectivement traités. Pudeur et tabous divers expliquent en grande partie l'isolement dans lequel s'installent les patients. Progressivement, ils se replient sur eux-mêmes.

En toute circonstance, ils doivent anticiper la survenue d'un besoin impérieux, le risque de fuite et le cortège de gêne et d'angoisse que cela entraîne. Ils vivent dans la hantise d'une fuite urinaire qui surviendrait à l'improviste. L'hyperactivité vésicale altère donc la qualité de vie, avec un impact à la fois sur le versant intime et personnel, mais aussi relationnel et professionnel.

Une vie quotidienne altérée
"Une institutrice par exemple, qui a besoin d'uriner très fréquemment, est effectivement très gênée dans l'exercice de son métier. Cela peut retentir sur son assiduité au travail et ses relations avec les élèves, comme avec ses collègues", souligne le Dr Fatton. Pour parer à tout accident dans un lieu public, certains patients vont même jusqu'à s'interdire de voir des amis, ou même le cercle de famille élargi.

D'autres ne font plus de sport, limitent les sorties culturelles ou refusent de partir en voyage. "Enfin, certaines femmes peuvent également être perturbées dans leur relation sentimentale et sexuelle". Signalons aussi que pour pallier tout "incident", la patiente réduit très souvent sa prise de boisson ce qui peut bien sûr générer d'autres inconvénients : des infections urinaires par exemple.

Libérer la parole des patients
Le défaut de prise en charge peut entraîner une fragilité psychologique. Le malade va perdre confiance en lui. Il en résultera un tableau de stress et parfois un syndrome dépressif. Très fréquents aussi, les troubles du sommeil sont une suite possible du syndrome d'hyperactivité vésicale. Les envies d'uriner peuvent se manifester la journée ou la nuit, obligeant les patients à se lever plusieurs fois, altérant la qualité de leur sommeil et majorant le risque de chute chez les personnes âgées.

"Pourtant il existe des moyens assez simples pour traiter l'hyperactivité vésicale", indique le Dr Fatton. "Il est important de libérer la parole des patients pour qu'ils puissent consulter, en parler et bénéficier d'une prise en charge adaptée". Par ailleurs, le dialogue avec le médecin va les rassurer. Il permettra de mettre un terme aux fausses idées reçues, et de définir, en accord avec le patient, les axes du traitement.

Sources : Haab F., Coloby P., Slama A., Gaudin AF. Etude Instant 2006 : prévalence de l'hyperactivité vésicale chez des patientes prises en charge en médecine générale. Congrès annuel SIFUD-PP, 2007. Interview du Dr Brigitte Fatton, 7 août 2012.

(Destination santé ©)

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