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Compléments alimentaires sur Internet : nouvelle mise en garde du CNRS

[ Publié le 24 septembre 2012 ]

Sur le web, on trouve de tout et surtout n'importe quoi ! Notamment en ce qui concerne les compléments alimentaires. Les chercheurs tirent la sonnette d'alarme.

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Une équipe de l'Université Toulouse III et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) alerte sur la consommation, devenue semble-t-il courante, de compléments alimentaires vendus sur Internet. "Plus des deux tiers (de ces compléments alimentaires, n.d.l.r.) contiennent des médicaments non contrôlés, surdosés, voire interdits par les autorités de santé", indique un communiqué du CNRS.

"C'est un véritable problème de santé publique", souligne le Pr Myriam Malet-Martino, du laboratoire d'analyse et physico-chimique de molécules d'intérêt biologique à Toulouse. Depuis 2009, son équipe a montré que de nombreux compléments alimentaires contiennent des substances actives frauduleusement ajoutées. "Les effets nutritionnels ou physiologiques escomptés (perte de poids, érection etc.) sont certes réels mais s'accompagnent d'effets secondaires qui peuvent être très graves et que les consommateurs ignorent", ajoute le CNRS.

Des substances interdites sur le marché 
L'équipe du Pr Malet-Martino a ainsi montré que sur 37 coupe-faim "naturels" disponibles sur le marché et qu'elle a analysés, 25 comportaient de la de sibutramine. Et celà, à des niveaux pouvant atteindre le double de la dose journalière maximale autorisée avant que son autorisation de mise sur le marché soit suspendue, en janvier 2010. Parmi les motifs de ce retrait : les risques cardiovasculaires liés à son utilisation. Par ailleurs, huit produits contenaient aussi de la phénolphtaléine, un laxatif cancérigène interdit depuis 1999.

De plus, sur 87 compléments alimentaires indiqués dans la prise en charge de la dysfonction érectile, et vendus comme "100% naturels", 62 contenaient des molécules analogues "à celle du Viagra", ou d'autres substances, le plus souvent à des doses très élevées, n'ayant même pas d'autorisation de mise sur le marché. "Les fabricants intègrent régulièrement dans les compléments alimentaires de nouvelles substances actives qui, dans un premier temps, échappent aux contrôles de routine", expliquent les auteurs. "Le phénomène s'amplifie et notre équipe se propose d'ouvrir prochainement un site Internet d'information pour le public", concluent-ils.

Source : CNRS, Université Paul Sabatier de Toulouse, 17 septembre 2012.

(Destination santé ©)

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