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Actualités santé

Cancer du sein : le dépistage organisé fait débat

[ Publié le 30 septembre 2012 ]

Comme chaque année, le mois d'octobre sera rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein. Mais la campagne de dépistage organisé ne fait pas l'unanimité.

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Au moment même du lancement, mercredi 26 septembre, de l'opération "Octobre rose" par la ministre en charge de la Santé, le programme français de dépistage organisé du cancer du sein fait l'objet de nouveaux débats. Ses éventuels effets délétères et le manque d'information des patientes sont évoqués par UFC-Que choisir.

52,3% de participation
En 2011, plus de 2,4 millions de femmes de 50 à 74 ans ont passé une mammographie dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du sein. La participation nationale atteignait ainsi 52,3%. "Si certains départements dépassent les 60%, l'objectif de 70% est encore loin", note toutefois Corinne Allioux, présidente de l'Association des coordinateurs du dépistage (Acorde) dans l'éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Beh).

Certaines femmes, pourtant éligibles au dépistage organisé, se tournent vers le dépistage individuel. Les spécialistes estiment qu'elles seraient 10%. D'après une enquête menée en 2010 par l'Institut national du cancer (INCa) auprès de 3.240 femmes et publiée par le Beh, "55% des femmes ayant bénéficié d'un dépistage individuel pensaient à tort se situer dans le dépistage organisé".

10 % de surdiagnostic
L'efficacité et les éventuels inconvénients de ce dépistage sont régulièrement mis en question. L'UFC-Que choisir "interpelle les pouvoirs publics pour garantir le droit des femmes à choisir librement et de manière éclairée de se faire ou non dépister". Selon le magazine, "la communication (du dépistage organisé) minore les risques alors même qu'il détecte trop souvent des tumeurs qui n'auraient jamais évolué et conduit dans certains cas à de lourds traitements inutiles".

Pourtant, le surdiagnostic est estimé à "seulement" 10%. Et, en comparaison, les bénéfices du dépistage semblent supérieurs. "Les essais randomisés montrent une baisse de 21% de la mortalité par cancer du sein suite à l'invitation au dépistage", soulignent,dans le Beh, Stephen W.Duffy du Wolfson Institute of Preventive Medicine de Londres et Eugenio Paci de la Clinical and descriptive epidemiology Unit de Florence.

Leur conclusion est sans appel : "Diagnostiquer la maladie à un stade précoce et assurer un traitement de qualité fondé sur des preuves sont deux facteurs clés pour lutter contre le cancer du sein". Ce cancer, rappelons-le, reste la première cause de mortalité par cancers chez la femme en France. C'est aussi le plus fréquent. En 2010, plus de 52.500 nouveaux cas de cancer du sein ont été dépistés. Chaque année, ils sont à l'origine de plus de 10.000 décès.

Sources : Beh, 26 septembre 2012. UFC-Que Choisir, 26 septembre 2012. Ministère des affaires sociales et de la santé, INCa, Institut de veille sanitaire, 26 septembre 2012.

(Destination santé ©)

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