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Sida : vers un allègement du traitement

[ Publié le 30 juillet 2012 ]

Il serait possible d'être infecté par le VIH, de vivre sans traitement et de ne pas développer le sida. Un espoir pour les malades, une piste pour les chercheurs.

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Des patients traités très précocement après l'infection du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) présentent, près de six ans après l'arrêt du traitement, un "réservoir" de VIH dans leurs cellules extrêmement faible. C'est ce qui ressort d'une étude présentée dans le cadre de la 19ème conférence internationale sur le sida qui s'est tenue à Washington jusqu'au 27 juillet 2012.

Un virus discret et incurable
"Depuis le début de l'épidémie, il y a 30 ans, on ne peut toujours pas guérir de l'infection VIH, ni spontanément ni grâce aux traitements", explique l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). "Les médicaments doivent être pris à vie et, malgré leurs effets bénéfiques, ils ne peuvent éliminer complètement le virus". En effet, l'arrêt du traitement provoque dans la plupart des cas une remontée rapide de la quantité de virus dans le sang, ce qui impose alors la reprise des antirétroviraux.

"L'obstacle majeur à l'éradication du VIH réside dans le fait qu'il a la capacité de se cacher dans les cellules qu'il infecte", précise l'ANRS. Le virus peut ainsi rester des dizaines d'années dans un état d'endormissement, rendant impossible sa reconnaissance et sa destruction par le système immunitaire ou par les traitements. Ce "réservoir" permanent de virus est susceptible de se réactiver à tout instant et de libérer de nouvelles particules virales infectieuses.

Un traiment précoce pour contenir le virus
L'un des enjeux de la recherche aujourd'hui s'appelle  "Towards an HIV Cure" (Vers un traitement du HIV) : il s'agit de tenter d'éradiquer l'infection ou tout au moins d'induire une rémission. Objectif, "obtenir un état de contrôle stable et durable de l'infection qui permettrait aux patients de vivre sans traitement et sans symptômes". Un ensemble de quinze patients, sous la surveillance de l'ANRS, a démarré un traitement antirétroviral très précocement, dans les dix premières semaines après leur infection. La durée du traitement a été d'environ trois ans. Ils ont ensuite arrêté le traitement durant 6 ans.

"De façon inattendue, l'infection de ces patients reste contrôlée, avec une quantité de charge virale quasi indétectable", constate l'Agence. Plusieurs équipes françaises ont cherché à comprendre quels mécanismes étaient à l'œuvre dans ce contrôle de l'infection à long terme après l'arrêt des traitements. Ils ont démontré que l'instauration ultra précoce du traitement limite l'extension de l'infection dans l'organisme et empêche la constitution de réservoirs importants de virus. Mais ce phénomène n'est observé que chez 10% des patients. "Il n'est donc pas, pour l'instant, extrapolable à l'ensemble de la population infectée par le VIH", concluent les chercheurs.

Sources : ANRS, 26 juillet 2012. 19ème Conférence internationale sur le sida, International aids society (IAS), 22-27 juillet 2012.

(Destination santé ©)

Mot-clef : VIH Sida

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