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Actualités santé

Plan AVC : le suivi des patients à la peine

[ Publié le 17 juillet 2012 ]

C'est l'heure d'un premier bilan pour le plan AVC (accident vasculaire cérébral) 2010-2014. A mi-parcours, certains objectifs sont en passe d'être atteints. Le suivi des patients, lui, peut encore s'améliorer.

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Le plan AVC (accident vasculaire cérébral) 2010-2014 est à mi-parcours. Problème : depuis déjà plusieurs mois, il se cherche un pilote ! "Le comité de suivi n'a plus de président, et cela risque de ralentir le processus", craint le Pr Thierry Moulin (CHU de Besançon), président de la Société française neurovasculaire (SFNV). "Or il reste encore un travail considérable à réaliser, même si de nombreuses actions structurantes ont été faites durant les deux années écoulées".

Un premier bilan encourageant
A ce jour, "plus de 70% des actions sont réalisées", affirme le ministère de la Santé. "La plupart sont en lien direct avec la prise en charge des patients, avec pour but d'accéder, dans les plus brefs délais, au diagnostic et à la thérapeutique adaptée". Déjà 117 unités neurovasculaires (UNV) ont été installées, or c'est sur elles que repose la prise en charge des AVC. Et ce n'est pas fini, leur mise en place se poursuit alors que l'objectif fixé dans le plan est de 140 UNV d'ici 2014.

"Pour l'heure, nous sommes fidèles au tableau de marche", note le Pr Moulin. Il semble toutefois que "la course aux UNV" ne règle pas tout, loin de là. A l'heure actuelle, "40% des victimes d'un AVC n'ont pas accès à un hôpital doté d'une UNV", poursuit Thierry Moulin. Six patients sur dix y sont donc admis, contre un sur dix en 2007. Le problème est qu'environ "un tiers des malades admis dans un hôpital équipé d'une UNV n'y ont pas accès".

Pour le Pr Moulin, la solution ne passe pas forcément par la multiplication des UNV. Il plaide aussi en faveur du développement de ce qu'il appelle la "télé-AVC". Ce nouveau concept intègre, dans un réseau de télémédecine régional, la téléconsultation neurologique et la téléradiologie. Autrement dit, ce système vise à compenser la répartition inégale des UNV sur le territoire en renforçant les coordinations régionales.

Améliorer le suivi des patients
Au-delà de la prise en charge aiguë du malade, le Pr Moulin explique que "le suivi des patients (retour à domicile, placement en institution) constitue vraiment un point négatif". A ses yeux, "cela nécessite le renforcement d'actions comme le nombre de neurologues à former et la mise en place d'un nouveau plan". Pas forcément un plan AVC, mais "un projet plus global qui prendrait aussi en compte le suivi des patients souffrant de handicaps neurologiques dans le cadre de maladies d'Alzheimer, de Parkinson... Il est important de mutualiser les moyens et de mettre un terme à la dispersion des énergies", précise-t-il.

Par ailleurs, un rapport sur la situation de la recherche AVC en France et les perspectives pour mieux la structurer a été récemment remis au cabinet de la ministre de la santé. Les professionnels attendent beaucoup des propositions qui pourraient en ressortir. "Un effort important doit vraiment être fait au niveau de la recherche", enchaîne le Pr Moulin.

Insister sur les signes d'alerte
"Trop peu de personnes en France connaissent les signes d'alerte de l'AVC et savent qu'il convient d'appeler le 15", ajoute Thierry Moulin. "Des campagnes d'information et de communication sont encore nécessaires sur ce point". Face à un AVC en effet, il faut agir très vite. Cela passe d'abord par une bonne connaissance des signes évocateurs de l'accident comme une paralysie ou un engourdissement brutal au niveau d'un bras et/ou d'une jambe, une difficulté soudaine à parler et à se faire comprendre, la diminution subite de la vision d'un œil, ou l'apparition de violents maux de tête sans cause apparente.

4,5 milliards d'euros par an
Sur son site Internet, le ministère de la Santé rappelle qu'"une personne sur six aura dans sa vie un AVC". Lequel a "de plus un coût considérable pour la société". Titulaire de la chaire Essec santé (école supérieure des sciences économiques et commerciales), Gérard de Pouvourville a calculé précisément ce coût : "En moyenne dans la phase aiguë, un AVC coûte près de 5.200 euros pour une hospitalisation d'une dizaine de jours. Soit un total pour l'assurance maladie de 4,5 milliards d'euros par an". Auxquels il conviendrait d'ajouter environ 10% de coûts indirects liés à l'hébergement de personnes dépendantes, aux pertes de revenus pour les patients actifs et encore au temps consacré par les aidants familiaux.

Ces chiffres sont-ils amenés à exploser en raison de l'augmentation du risque d'AVC avec l'âge notamment ? "Difficile à dire", poursuit l'économiste. "Nous savons toutefois que le coût de la prévention va augmenter avec l'arrivée notamment de nouveaux traitements anticoagulants. A priori, ils vont être plus chers que les traitements actuels". Ces derniers, difficiles à manier, sont toutefois responsables de nombreux effets secondaires et provoqueraient, chaque année en France, 4.000 morts.

Des études ont déjà montré que ces molécules vont entraîner 15.000 euros de dépenses supplémentaires pour une année de vie gagnée. Gérard de Pouvourville reconnaît volontier que "ce surplus de dépense n'est pas anodin. Mais dans des disciplines comme l'oncologie, les coût sont bien plus élevés".

Sources : Interview du Pr Thierry Moulin, 7 juillet 2012. Interview de Gérard de Pouvourville, 4 juillet 2012. Ministère de la Santé, 20 juin 2012 et site du ministère consulté le 9 juillet 2012.

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