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Alcool et grossesse, toujours incompatibles!

[ Publié le 21 juin 2012 ]

Le pictogramme apposé sur les bouteilles nous le rappelle constamment : l’alcool est dangereux pour la santé du fœtus. Et de récentes études qui tentent de mesurer l'impact d'une consommation modérée ne parviennent pas à définir un seuil de sécurité. Par précaution, le "zéro alcool pendant la grossesse" demeure un principe fondamental.

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Une femme enceinte peut-elle consommer de l'alcool sans mettre en danger la santé de son enfant à naître? Selon une étude danoise, la consommation d'alcool en quantité "faible ou modérée" serait sans conséquences sur la santé du fœtus. Le Dr Alain Rigaud, psychiatre addictologue à Reims, reste cependant ferme sur sa position qui est également celle de la communauté médicale : pendant la grossesse, c'est zéro alcool!

Aucun impact sur l’enfant avant 9 verres par semaine
En 2010, une première étude avait déjà fait valoir que "jusqu'à deux verres d'alcool par semaine, il n'y avait aucun risque". Cette fois-ci, le travail publié dans les colonnes du BJOG : an international Journal of obstetrics and gynaecology a été mené par une équipe de l'université de Aarhus, au Danemark.

Les 1.628 femmes enceintes prises en compte dans cette étude ont été classées selon leur consommation moyenne hebdomadaire d'alcool. Entre 1 et 4 verres standards d'alcool, leur consommation a été considérée comme "faible", le seuil d'une consommation "importante" étant fixé à 9 verres et plus.

Tous les enfants issus de ces grossesses ont été soumis, à l'âge de cinq ans, à des tests de quotient intellectuel (QI) prenant en compte différents paramètres de concentration et d'organisation. Selon les auteurs, "aucune différence n'a été observée entre les enfants dont les mères avaient eu une consommation d'alcool faible ou modérée, et ceux dont les mères avaient été totalement abstinentes". En revanche, au-delà de 9 verres par semaine, les enfants ont présenté une baisse de l'attention.

Le Dr Rigaud, également président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), est très réservé sur les résultats de cette étude. "Sur le plan strictement scientifique, elle confirme qu'au-delà de neuf verres par semaine, des conséquences sur la santé de l'enfant sont observables", souligne-t-il.

L’alcool reste stressant pour le bébé
Cependant, ce seuil de neuf verres hebdomadaires ne peut absolument pas être pris comme référence. "En effet, le niveau d'une consommation d'alcool dénuée de risque n'est pas défini", explique le médecin. "Si l'on tablait sur trois verres par semaine par exemple, une femme enceinte pourrait se croire autorisée à les boire au cours d'une même soirée, chaque semaine. Or à chaque verre, quel que soit l'alcool ingéré, le cœur du fœtus accélère et peut battre jusqu'à 150 fois par minute, soit l'équivalent d'un sprint pour nous. C'est à ce stress que le fœtus risque d'être exposé, de manière répétée".

Un seuil de sécurité indéfinissable
Par ailleurs, les effets de l'alcool sur l'enfant à naître ne sont pas uniquement cardio-dynamiques. Le syndrome d'alcoolisation fœtale, provoqué par l'exposition d'un fœtus à l'alcool, se caractérise par un retard de développement, un périmètre crânien réduit, une altération du faciès, des troubles psychiques.

Un seuil de consommation sans danger est difficile à définir avec clarté. Et le message d'abstinence devient "flou pour de nombreuses femmes", ajoute Alain Rigaud. Pour toutes ces raisons, il souhaite conserver un message simple et clair : "Zéro alcool pendant la grossesse!" Pragmatique, il ajoute également que "si une future maman rencontre des difficultés à suivre cette règle, une consultation chez le médecin peut s'avérer nécessaire".

Source : BJOG : an international journal of obstetrics and gynaecology - Interview du Dr Alain Rigaud, le 19 juin 2012

(Destination santé ©)

Mots-clefs : Addiction alcool , Grossesse

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