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Actualités santé

Dr Joseph Osman : "Le tabagisme est une maladie chronique récidivante."

[ Publié le 24 mai 2012 ]

Quels sont, précisément, les effets de la cigarette sur la santé ? Qu’est-ce qui rend les fumeurs "accro" et comment s’en débarrasser ? A l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, le Dr Joseph Osman, tabacologue et directeur de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT), nous aide à faire le point sur le tabagisme.

Malgré les nombreuses alertes sur les dangers de la cigarette pour la santé, la France compte de plus en plus de décès causés par le tabagisme. Qu’est-ce qui pousse les fumeurs à consommer une substance qu’ils savent être nocive ?
Dr Joseph Osman
– La nicotine contenue dans le tabac-plante est ce qu’il y a de moins dangereux dans une cigarette. En revanche, c’est cette molécule qui cause l’addiction. Notre cerveau sécrète un neurotransmetteur appelé acétylcholine, dont la structure chimique est voisine de celle de la nicotine. Celle-ci remplace l’acétylcholine en leurrant le cerveau et provoque la libération de dopamine, la "molécule du plaisir". Quand le niveau de nicotine dans l’organisme baisse, celui de dopamine chute. Le cerveau réclame alors sa "dose" en poussant à reprendre une cigarette. Faute de quoi, le fumeur devient nerveux, irritable. Pour accentuer cette dépendance, les industriels ajoutent du cacao, qui dilate les bronches et fait donc inspirer plus profondément, ou encore de l’ammoniac. Ces substances renforcent l’effet addictif de la nicotine inhalée. C’est pourquoi la motivation est indispensable pour cesser de fumer : il faut pouvoir combattre les messages de "besoin" exprimés par le cerveau. C’est aussi pour cette raison qu’on propose des substituts nicotiniques aux personnes souhaitant arrêter, afin de pallier au manque physique de nicotine. D’autres traitements, comme les thérapies cognitives et comportementales (TCC), ciblent le manque psychologique : la "cigarette-envie", le geste de fumer ou certaines habitudes à défaire.

Au bout de combien de temps sans fumer peut-on être considéré comme "guéri" ?
Dr Joseph Osman – Physiquement, le taux de nicotine chute dès les premières heures sans tabac. Il faut toutefois trois semaines, en moyenne, pour que le cerveau se remette à fabriquer de l’acétylcholine, et donc que l’humeur se régule. Le taux de monoxyde de carbone (CO), quant à lui, chute dans les six heures. Le risque immédiat de faire une maladie cardiovasculaire s’en trouve abaissé. Mais cela prendra entre 6 mois et 2 ans, selon l’antériorité et le nombre de cigarettes fumées par jour, pour qu’il devienne équivalent à celui d’un non-fumeur. Enfin, en ce qui concerne les maladies pulmonaires, il faut 5 à 10 ans pour diminuer le risque par deux et 10 à 20 ans pour retrouver des poumons sains. Sur le plan psychologique, malheureusement, on n’est jamais guéri. Le tabagisme est une maladie chronique récidivante : aucun ex-fumeur ne peut affirmer qu’il ne recommencera jamais. Cela dit, plus on reste longtemps sans fumer, plus le risque de reprendre un jour diminue.

Est-il possible de compenser les méfaits du tabagisme en faisant du sport ?
Dr Joseph Osman – Non, d’ailleurs c’est une idée reçue très dangereuse ! La fumée de cigarette contient, entre autres substances nocives, du monoxyde de carbone (CO). Mortel à très petites doses, il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène. Or, le sport dilate les vaisseaux et active la circulation sanguine, ce qui accélère la distribution du CO dans l’organisme. Le sang, qui manque alors d’oxygène, se défend en s’épaississant. En parallèle, le CO réduit le diamètre des artères en contribuant à la formation de plaques d’athérome. Du sang plus épais dans des tuyaux plus étroits augmente le risque de "bouchon" et donc celui d’infarctus. C’est ainsi qu’on voit des sportifs fumeurs, même jeunes, s’écrouler d’un coup, victimes d’un accident cardiovasculaire ! Mieux vaut donc arrêter la cigarette avant de se mettre au sport. Lors du sevrage, la pratique d’une activité physique, accompagnée d’une alimentation équilibrée, est même vivement recommandée.

Propos recueillis par Alexandra Capuano.


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