Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Une équipe française présente un vaccin contre un allergène facteur d'asthme

Actualités santé

Une équipe française présente un vaccin contre un allergène facteur d'asthme

[ Publié le 4 avril 2012 ]

Un vaccin pour se prémunir de l’asthme allergique : c’est le projet sur lequel travaille une équipe nantaise. Des souris sensibles à un allergène fréquent, véhiculé, par certains acariens, ont reçu une injection qui a permis de réduire significativement leur réponse allergique. Des essais cliniques chez l’homme devraient commencer dans 4 ans.

vaccin

Bientôt un vaccin contre un certain type d’allergène transporté par les acariens ? C’est la piste sur laquelle travaille l’équipe "innovations en biothérapie", au sein de l’Institut du thorax de Nantes. Les allergènes sont des substances présentes dans l’environnement des malades et auxquelles ils sont hypersensibles. Cela se traduit par une inflammation importante au niveau des bronches et des bronchioles, ce qui altère la capacité respiratoire.

Une originalité : les chercheurs ont imaginé une technique basée sur l’utilisation de l’ADN allergénique. En d’autres termes, "plutôt que d’administrer des extraits d’allergènes de manière répétée pour diminuer la sensibilité, nous avons travaillé à partir de séquences d’ADN spécifiques de l’allergène responsable de l’allergie", explique le Pr Bruno Pitard, directeur de cette équipe alliant des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du Centre national de recherche scientifique (CNRS).

Les chercheurs ont travaillé à partir d’un allergène très courant en Europe : Derf1 (Dermatophagoïdes farinae 1). Plus de la moitié des personnes allergiques aux acariens produisent des anticorps contre cet allergène précis. A partir d’un modèle animal – la souris –, ils ont associé "les séquences génétiques de cet allergène" avec "un nanovecteur, qui est une sorte de taxi moléculaire", illustre le Pr Pitard.

Plus de 300 millions d’asthmatiques dans le monde
"Cette séquence d’ADN transportée dans les cellules musculaires a permis de diminuer la réponse allergique aux acariens chez les animaux asthmatiques", indique-t-il. "Deux injections, pratiquées à trois semaines d’intervalle, ont réduit significativement l’hypersensibilité des voies aériennes et la réponse inflammatoire. En revanche, ces réactions étaient toujours vives dans les poumons des souris asthmatiques non vaccinées." Autrement dit, les souris vaccinées ont eu nettement moins d’épisodes d’asthme que les autres.

Ces résultats valident le potentiel de ce nouveau nanovecteur pour ce type de vaccination. "Il est en cours de développement pour de futurs essais chez l’homme", confie le Pr Pitard. "Ils devraient débuter d’ici 4 ans." Une bonne nouvelle pour les allergiques souffrant d’asthme. Cette maladie respiratoire chronique est en effet très fréquente : elle affecte plus de 300 millions de patients dans le monde.

Source : interview du Pr Bruno Pitard, 2 avril 2012 – Inserm/CNRS, Human Gene Therapy, 2 avril 2012
(Destination santé ©)

Mot-clef : Asthme

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

ECHANGER