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Troubles bipolaires : la thérapie interpersonnelle pour prévenir les rechutes

[ Publié le 11 avril 2012 ]

Dans les années 1990, une technique de psychothérapie a été développée par une équipe de l’université de Pittsburgh, aux Etats-Unis : la thérapie interpersonnelle. Décryptage de cette approche appliquée à la maladie bipolaire par le Dr Didier Papeta, psychiatre à Brest.

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La thérapie interpersonnelle a 20 ans. Créée aux Etats-Unis, à Pittsburgh, dans les années 1990, elle est aujourd’hui initiée dans le cadre d’une prise en charge globale de la maladie. "Chaque thérapie interpersonnelle est basée sur un nombre de séances déterminé à l’avance et qui varie de 12 à 20", explique le Dr Didier Papeta, psychiatre à Brest et membre du Cercle de recherches et d’études appliquées à la thérapie interpersonnelle (Creatip).

La démarche s’appuie sur "une exploration des troubles relationnels associés à un deuil, à un divorce ou à un changement professionnel. Un axe de travail est également centré sur des conflits interpersonnels. Et un dernier enfin, sur ce que nous appelons les déficits interpersonnels", décrit-il. Ces derniers caractérisent des patients isolés, aussi bien sur le plan social que familial.

Le trouble bipolaire se manifeste par une alternance de phases maniaques – le patient est très extraverti et, se sentant invincible, se met en danger – et de phases dépressives lors desquelles le suicide est le principal danger.

Pour cette maladie, thérapie interpersonnelle passe par l’identification des situations interpersonnelles qui déséquilibrent le patient et peuvent déclencher une rechute, aussi bien durant les phases dépressives que durant les accès maniaques. Elle vise donc, avant tout, à prévenir tout nouvel épisode.

Retrouver un rythme social normal
La première phase consiste à valider avec le patient le diagnostic de sa maladie. Le thérapeute renseigne le malade sur son trouble, le tableau clinique, les recours thérapeutiques et les risques de complications. Il lui enseigne, par exemple, comment repérer les signes d’alerte et les symptômes prémonitoires de rechute. "Au cours de cette première phase, nous allons aussi faire le point sur les rythmes sociaux et discuter du cercle de proximité, c’est-à-dire des proches les plus mobilisables dans l’environnement", ajoute le Dr Papeta. "Nous terminons par l’inventaire de toutes les relations, aussi bien positives que négatives."

Au cours de la seconde phase, "nous travaillons sur l’acceptation de la maladie, puis sur l’aménagement des rythmes sociaux", explique-t-il. Ce dernier point est essentiel et nécessite un investissement personnel du malade. "Dans la majorité des cas, les bipolaires souffrent d’une désynchronisation", précise-t-il. "Ils se lèvent tard, restent isolés chez eux, mangent de manière décalée. L’objectif est qu’ils réapprennent à respecter le temps social."

Le dernier temps de la thérapie est une phase de bilan. "Nous avons des résultats assez intéressants, avec des éléments qui témoignent de l’amélioration globale des malades en termes de rechutes, de récidives, d’hospitalisations, mais aussi en termes d’amélioration des relations interpersonnelles", se réjouit le Dr Papeta. Cette technique semble ainsi bien correspondre aux besoins des personnes atteintes de troubles bipolaires.

Source : Synapse n°233, novembre-décembre 2007, Creatip – interview du Dr Didier Papeta, 28 mars 2012
(Destination santé ©)

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