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Actualités santé

Martine Nectoux sur les soins palliatifs : "Assurer au malade la meilleure qualité de vie possible."

[ Publié le 4 avril 2012 ]

L’accompagnement d’un proche en fin de vie est une expérience humaine pénible et souvent traumatisante. Comment annoncer une situation de fin de vie à un malade et à sa famille ? Que se passe-t-il pour un malade placé en soins palliatifs ? A quelles conditions peut-on bénéficier de soins palliatifs à domicile ? Martine Nectoux est infirmière clinicienne. Elle s’est investie dans ce type de soins depuis 1987. Elle répond à nos questions.

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Comment annoncer une situation de fin de vie à un malade et à sa famille ?

 Martine Nectoux - Toute annonce, quelle qu’elle soit, se situe dans un contexte de vérité pas à pas. En l’occurrence, la décision de passer en soins palliatifs est médicale. Elle s’appuie sur plusieurs critères, en lien avec l’état du malade et sa réaction aux traitements curatifs. Toutefois, certaines personnes demandent d’elles-mêmes l’arrêt des traitements, et entrent alors dans cette phase par choix. Le malade et sa famille nous guident. Nous les informons progressivement des évolutions, en fonction de ce qu’ils sont prêts à entendre. Il n’y a pas de recette : c’est un accompagnement individuel du malade comme de son entourage. C’est très subtil car chaque situation est unique. Il faut aussi garder une porte ouverte sur l’espoir. L’être humain a toujours la possibilité de nous surprendre. Et même sans miracle, garder l’espoir permet souvent de rester dans un état stationnaire un certain temps.

Que se passe-t-il pour un malade placé en soins palliatifs ?

Martine Nectoux - La plupart du temps, ces malades sont conscients de se trouver dans une situation où l’objectif n’est plus de guérir mais de garder une bonne qualité de vie jusqu’à leur dernier jour. Certes, la notion de soins palliatifs est associée à celle de mort mais celle-ci n’est pas forcément pour le lendemain ! De plus en plus de patients vivent encore plusieurs mois, voire plusieurs années, même après l’abandon d’un traitement curatif. Nous ne pratiquons ni l’acharnement thérapeutique, ni l’euthanasie, et nous n’abandonnons pas le malade à son sort. Nous assurons des soins de confort, une prise en charge de la douleur et un accompagnement psychologique et social. Surtout, nous le rassurons et l’entourons. Bien entendu, dans cet accompagnement, nous intégrons la famille. Du reste, elle aussi doit être aidée, accompagnée et entourée dans cette épreuve difficile et traumatisante. C’est fondamental !

A quelles conditions peut-on bénéficier de soins palliatifs à domicile ?

Martine Nectoux - Sept ans après la loi Leonetti sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, l’objectif est de permettre à toute personne de bénéficier de soins palliatifs à l’endroit où elle se trouve. Il existe aujourd’hui des structures et des équipes ressources dans toute la France. Il est donc possible de recevoir des soins de confort à domicile. Ce qui prime, c’est la volonté du malade, mais aussi son état de santé. S’il est instable, si la douleur est mal soulagée, ou s’il a des symptômes jugés inquiétants comme un essoufflement, on ne le renvoie pas chez lui. Vient ensuite la question de l’aidant familial. En général, il s’agit du conjoint. A-t-il les capacités et la possibilité de rester à ses côtés ? Nous lui expliquons qu’il n’est pas seul et qu’il y a toujours une personne ressource (médecin traitant, réseau de soins palliatifs, astreinte, urgentiste…), qu’il peut contacter à tout moment. Nous restons aussi attentifs à son état de santé, pour lui éviter de tomber dans l’épuisement.

Propos recueillis par Alexandra Capuano.

 

Mot-clef : Soins palliatifs

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