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Actualités santé

Sexualité des mineures : un rapport plaide pour la gratuité des contraceptifs

[ Publié le 9 mars 2012 ]

La France compte chaque année près de 15.000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) subies par des jeunes filles de moins de 18 ans. Une situation préoccupante, dénoncée dans un rapport qui vient d’être remis au gouvernement. Ses rédacteurs proposent des solutions concrètes. Parmi elles, la gratuité de tous les moyens de contraception jusqu’à la majorité.

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Effarant. Chaque année en France, près de 90.000 femmes de moins de 25 ans, dont 15.000 mineures, pratiquent une interruption volontaire de grossesse (IVG). Un nombre "trois fois plus important qu’en Suisse ou aux Pays-Bas", relève le Pr Israël Nisand, responsable du pôle gynécologie-obstétrique de l’hôpital universitaire de Strasbourg. "Or, il n’existe aucun projet de santé publique lié à la sexualité des adolescents", déplore-t-il.

"En matière de contraception des filles mineures, la France accuse un retard par rapport à certains de ses voisins", constate-t-il dans un rapport portant son nom. Coécrit avec la Dre Brigitte Letombe, présidente d’honneur de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, et Sophie Marinopoulos, psychologue à Nantes, ce rapport a été remis le 16 février à Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative.

Un forfait contraception ?
"Nous y émettons 18 propositions concrètes", détaille le Pr Nisand. "Nous nous sommes inspirés de certains de nos voisins en Europe." Premier enseignement : la France est en plein paradoxe. "L’IVG est anonyme et gratuite, tout comme la pilule du lendemain. Mais la vraie contraception, quant à elle, est payante !" C’est pourquoi les auteurs suggèrent "la gratuité de l’ensemble des moyens contraceptifs, y compris les plus modernes et innovants, jusqu’à  l’âge de 18 ans". Le Pr Nisand fait les comptes : "Une IVG coûte 500 euros à la collectivité, soit environ 30 millions d’euros par an. Et si cet argent profitait plutôt à la contraception ?"

Les auteurs suggèrent ainsi la mise en place d’un forfait contraception librement accessible. "Pour les contraceptions ne figurant pas au tableau des produits pharmaceutiques remboursés, ce forfait pourrait être fixé à une hauteur approximative de 7 euros par mois et par mineure. Le coût annuel en serait donc de l’ordre de 80 euros", indiquent-ils. Pour le financement, ils envisagent d’impliquer les laboratoires pharmaceutiques et l’assurance maladie. "Si l’Etat refuse, on saura qu’il préfère financer des IVG", assène, mordant, le Pr Nisand.

Des propositions concrètes
Les auteurs préconisent aussi de conférer une véritable confidentialité à la contraception. "Les jeunes ne sont pas obligés de publier des bans avant d’avoir un rapport sexuel : la sexualité de tous se nourrit de l’ombre. Celle des jeunes en particulier", relèvent-ils. Or, en-dehors des centres de planning familial, la contraception est non seulement payante mais aussi subordonnée à une autorisation parentale. "Les adolescents n’ont pas nécessairement envie que leurs parents soient au courant de leur vie sexuelle", insiste le Pr Nisand.

Le rapport plaide enfin pour la mise en œuvre d’une véritable éducation sexuelle à l’école, délivrée par des professionnels de santé. A cet égard, la loi du 4 juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception fait justement de l’éducation sexuelle "une obligation légale tout au long du primaire et du secondaire". Mais "cette loi n’est pas appliquée : des fédérations catholiques s’y sont opposées", déplore le Pr Nisand. "Dans cette situation, le risque est de voir l’éducation sexuelle de nos enfants assurée par l'industrie pornographique !"

Source : interview du Pr Israël Nisand, 5 mars 2012 – rapport Nisand, remis au secrétariat d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative le 16 février 2012.
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Mot-clef : Contraception

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