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Actualités santé

Place des parents dans les soins aux enfants hospitalisés : trois questions au Dr Didier Cohen-Salmon

[ Publié le 12 mars 2012 ]
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Votre enfant doit être hospitalisé : comment l’accompagner dans ce moment délicat ? Ancien médecin-anesthésiste à l’hôpital Armand Trousseau (Paris), le Dr Didier Cohen-Salmon a fondé l’association Sparadrap, qui milite en faveur des enfants malades ou hospitalisés. Pour vous aider à gérer au mieux l'hospitalisation et les soins de votre enfant, il vous donne quelques conseils.

Pensez-vous que la présence des parents soit vraiment encouragée aujourd’hui ?

Dr Didier Cohen-Salmon - D’un point de vue éthique et médical, oui ! Mais dans les faits, la présence parentale n’est pas évidente à assumer. Notre enquête de 2004 déplorait notamment des heures de visite trop restrictives, un hébergement nocturne nettement insuffisant et une autorisation d’assister aux soins très inégale selon les services ou les hôpitaux. Certaines choses se sont améliorées depuis ce constat. Ainsi, les maisons des parents sont une bonne solution pour qu’un parent reste proche de son enfant sans devoir passer son temps dans la chambre du malade, ce qui, à terme, peut devenir difficile à supporter pour tout le monde. Il reste toutefois à augmenter le nombre de ces maisons, toujours insuffisant.


Pourquoi est-il important que les parents d’un enfant malade puissent rester avec lui ?

Dr Didier Cohen-Salmon - Un enfant hospitalisé ne vient pas seul, ne serait-ce que d’un point de vue juridique. En effet, en France, c’est aux parents qu’on demande de consentir ou non aux soins. A Sparadrap, nous pensons que l’avis de l’enfant devrait aussi être pris en compte, dès qu’il est en âge de comprendre sa maladie. En Angleterre, par exemple, la parole de l’enfant a plus de poids, juridiquement parlant. Certes, c’est délicat. L’enfant n’a pas la même vision de son mal qu’un adulte. Ainsi, l’imaginaire joue beaucoup : il peut se persuader que sa maladie est une forme de "punition" pour avoir été vilain, par exemple. Par ailleurs, on ne s’adresse pas à un adolescent comme à un tout-petit. En général, le jeune enfant réclame ses parents alors que l’ado, lui, peut rechercher une certaine autonomie. Dès l’âge de 11-12 ans, un enfant à qui on demande s’il souhaite que ses parents restent pendant un soin douloureux est susceptible de répondre par la négative.


Votre association aide justement les parents à trouver leur place par rapport à leur enfant et à l’équipe soignante : quels conseils leur dispensez-vous ?

Dr Didier Cohen-Salmon - L’hospitalisation d’un enfant est une expérience très anxiogène. Quand un enfant est malade, ses parents se sentent coupables de ne pas pouvoir l’aider à aller mieux. Ils doivent par conséquent accepter de déléguer aux médecins et aux infirmières des prérogatives qu’ils sont d’habitude seuls à assumer. Quant aux soignants, ils doivent prendre le temps d’écouter et de rassurer les parents, comme l’enfant, sur ce qui se passe. C’est une relation triangulaire dans laquelle chacun doit faire une place aux autres. Plus la communication est fluide et plus l’adhésion des parents – et de l’enfant – sera bonne.

Propos recueillis par Alexandra Capuano.


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