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Actualités santé

Le virus du chikungunya touche de plus en plus de pays

[ Publié le 13 mars 2012 ]

Le tourisme mondial favorise la circulation du moustique vecteur du chikungunya. Résultat : ce virus affecte aujourd’hui la quasi-totalité des continents. Les autorités sanitaires mondiales, notamment américaines, entament une mobilisation contre ce fléau.

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Un virus voyageur ! Le chikungunya, véhiculé par un moustique de type Aedes – également vecteur de maladies comme la dengue –, n’épargne quasiment plus aucun continent. Rien qu’aux Etats-Unis, 106 personnes de retour d’un voyage ont été infectées entre 2006 et 2010, contre seulement 3 entre 1995 et 2005. Cette explosion du nombre de cas inquiète le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la région Amérique.

Pour prévenir tout risque de progression vers une épidémie, cette entité vient d’émettre des recommandations à l’intention des autorités sanitaires et des professionnels de santé de tous les pays de cette zone. L’objectif : "Aider les pays touchés à améliorer leurs capacités de détection du virus, mais aussi à prévenir et à contrôler la maladie", explique l’agence panaméricaine. C’est le cas aux Etats-Unis, où "les voyageurs contaminés par le virus du chikungunya rapportent cette affection", illustre le Dr Roger S. Nasci, qui dirige au CDC la division des maladies arbovirales, c’est-à-dire transmises par piqûre de moustique.

Des cas de transmission autochtone en France
Le "chik" n’affecte pas que l’Amérique. L’Asie et l’Afrique sont les continents les plus durement touchés : depuis 2004, ce virus y a infecté plus de 2 millions de personnes, dont une majorité en Inde, rapporte l’Institut Pasteur. Et le virus s’exporte : les voyageurs de retour de ces continents ont favorisé une transmission locale là où il n’existait pas auparavant.

C’est ainsi que neuf cas de contamination au chikungunya ont été rapportés en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane depuis 2006. En France métropolitaine, le moustique responsable s’est établi dans le Var depuis 2004 et quatre cas autochtones ont été signalés en 2010. Il s’agit de personnes ayant contracté cette maladie alors qu’elles n’avaient pas voyagé dans des zones endémiques, une situation jugée préoccupante par les autorités sanitaires.

Guérison spontanée

Le chikungunya est une maladie rarement mortelle. Néanmoins, elle peut être très invalidante. Elle se manifeste après un délai de 2 à 10 jours par une fièvre brutale à plus de 38,5°C, accompagnée de fortes douleurs articulaires qui poussent le malade à marcher "courbé en avant". C’est d’ailleurs la signification première du mot chikungunya en langue Makondée, population vivant en Tanzanie où les premiers cas sont apparus en 1952.

L’atteinte articulaire concerne principalement les poignets, doigts, chevilles et pieds mais aussi les genoux et plus rarement les hanches ou les épaules. S’y associent fréquemment des maux de tête, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée sur le tronc et les membres dans la moitié des cas. Des complications hémorragiques, avec saignement des gencives ou du nez, ont été décrites, ainsi que certaines formes neurologiques.

La guérison est habituellement spontanée, avec une disparition de la fièvre sous une dizaine de jours et des signes articulaires en quelques semaines. Le chikungunya est rarement mortel. Toutefois, l’atteinte articulaire peut demeurer plusieurs mois, voire plusieurs années. A l’heure actuelle, aucun traitement spécifique n’est disponible contre cette maladie. Un vaccin prometteur est en cours d’évaluation par l’armée américaine, indique l’Institut Pasteur.

Source : Pan-American Health Organization/World Health Organization, 28 février 2012 – site de l’Institut Pasteur, consulté le 12 mars 2012
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Mot-clef : Chikungunya

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