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Actualités santé

L'endométriose, un trouble insuffisamment dépisté

[ Publié le 14 mars 2012 ]

L’endométriose est une prolifération de tissu utérin en-dehors de sa cavité. Elle touche 10 à 15% des femmes en âge d’avoir des enfants. Le point sur ses symptômes, son dépistage et sa prise en charge avec le Dr Eric Sauvanet, chef du service de chirurgie gynécologique du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.

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Le dépistage de l’endométriose reste très insuffisant en France. La maladie elle-même demeure confidentielle : la semaine européenne de lutte contre l’endométriose s’est achevée le 13 mars, sans grande médiatisation. Un tel trouble n’est pourtant pas rare : en France, il affecte 10 à 15% des femmes en âge d’avoir des enfants. Il occasionne souvent des douleurs invalidantes et peut diminuer la fertilité.  

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Il se renouvelle constamment : à la fin d’un cycle menstruel, s’il n’y a pas eu fécondation, une partie est évacuée avec le sang des règles. L’endométriose se caractérise par la formation, de tissus formés de cellules endométriales en dehors de l’utérus. Cette prolifération peut entraîner des kystes et des adhérences au niveau génital.

Des douleurs invalidantes
Le Dr Eric Sauvanet, chef du service de chirurgie gynécologique du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, en donne les principaux symptômes. Ainsi, les femmes souffrant d’endométriose souffrent de douleurs intenses pendant leurs règles. "Ces douleurs sont si fortes qu’elles empêchent souvent les malades d’aller travailler", précise-t-il. "Ces femmes présentent aussi des douleurs à la défécation pendant la période menstruelle et lors de rapports sexuels, une douleur est localisée au fond du vagin. Elles peuvent enfin avoir du sang dans leurs selles et souffrir au moment d’uriner, pendant et après les règles".

Deux raisons principales poussent les patientes à consulter : la douleur et l’infertilité. Ces femmes sont en effet plus nombreuses à connaître des difficultés pour tomber enceintes. Pourtant, "certaines patientes n’ont aucune difficulté à avoir un enfant, même si elles ressentent les douleurs liées à l’endométriose", nuance le Dr Sauvanet. Et à l’inverse, "il arrive que d’autres ne souffrent pas mais n’arrivent pas à tomber enceintes".

Des traitements existent
Difficile à diagnostiquer, l’endométriose souffre notamment d’un dépistage insuffisant. Or, les femmes se retrouvent souvent démunies face à leurs symptômes. "Ce dépistage n’est pas toujours bien fait et il existe peu d’équipes spécialisées en France", déplore le Dr Sauvanet. Pour dépister une endométriose, "il faut commencer par un bilan clinique, puis une échographie. Lorsque celle-ci ne révèle rien mais que les symptômes sont typiques de la maladie, une imagerie par résonance magnétique (IRM) doit être prescrite", conseille-t-il.

Le dépistage est d’autant plus important qu’il existe des traitements efficaces. "Pour équilibrer soulager la douleur, le médecin peut placer sa patiente sous pilule contraceptive, ou encore sous traitement progestatif en continu", indique le Dr Sauvanet. "Les règles, et donc les symptômes qui y sont liés, sont ainsi éliminées. S’il n’y a pas d’amélioration, la mise en ménopause artificielle peut être une solution transitoire. Enfin, le fait de retirer complètement les lésions, par opération, peut soulager les douleurs et, parfois, soigner l’infertilité."

Source : interview du Dr Eric Sauvanet, 13 mars 2012
(Destination santé ©)

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