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Actualités santé

L'activité physique modifie l'ADN de nos muscles

[ Publié le 13 mars 2012 ]

Sédentaire, vous souhaitez reprendre une activité physique ? Même de manière occasionnelle, cela peut suffire à modifier la manière dont s’expriment certains gènes. Une découverte qui pourrait contribuer, sur le long terme, à préserver de certaines maladies métaboliques, notamment du diabète de type 2.

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Même à raison d’une vingtaine de minutes par jour, le sport apporterait des bénéfices au niveau de l’ADN des cellules musculaires. C’est la découverte faite par une équipe suédoise, sous la direction de la Dre Juleen Zierath, du Karolinska Institutet de Stockholm. Et plus l’effort est régulier, plus ces modifications moléculaires sont nombreuses et durables.

"Les muscles s’adaptent à ce que nous en faisons. Si nous ne les utilisons pas, ils vont perdre de leur force, et inversement", rappelle la Dre Zierath. Avec son équipe, elle a mené une expérience auprès de 14 sujets non sportifs. Après les avoir fait pédaler sur un vélo statique pendant une vingtaine de minutes, elle a observé un changement dans l’expression de leurs gènes ou, en termes plus scientifiques, des modifications d’ordre épigénétique. Pour ce faire, elle a procédé à une ponction musculaire avant et après cet exercice.

"Au niveau de l’ADN de ces sujets, nous avons identifié des modifications chimiques similaires à celles qui ont déjà été décrites durant le développement embryonnaire et au cours du processus de cancérisation d’une cellule", explique le Dr Romain Barres, de l’université de Copenhague, co-auteur de cette étude. "Ces changements sont comme autant de verrous qui ouvriraient ou interrompraient l’expression de certains gènes, permettant ainsi à nos organes d’avoir leur fonction propre."

Une protection à long terme contre le diabète ?

Des gènes influant notamment sur le métabolisme auraient donc l’occasion de mieux s’exprimer, protégeant à long terme contre certaines maladies, "notamment le diabète de type 2", relèvent les chercheurs. Le plus surprenant n’est pas tant l’adaptabilité de l’organisme à son environnement que la vitesse à laquelle ces modifications se produisent. De plus, elles sont réversibles : il suffit de quelques heures de repos pour que les gènes retrouvent leur état "normal". Seule une régularité dans l’effort assure un changement durable.

Si cette étude mérite d’être approfondie, ses perspectives apparaissent immenses. "Nous avons trouvé les clés des portes de l’expression de nos gènes", s’enthousiasme le Dr Barrès. "Nous avons déjà identifié d’éventuelles cibles thérapeutiques pour mimer l’effet de l’exercice physique. Nous en sommes encore au stade de la science-fiction mais, à l’avenir, nous pourrions imaginer la mise au point de traitements basés sur ces découvertes."

En parallèle, les chercheurs ont observé – cette fois sur des cellules de rats – que la caféine aurait le même effet sur l’ADN musculaire que l’effort. Toutefois, pour constater des effets semblables sur l’homme, il faudrait injecter la caféine directement dans le muscle, ou encore "consommer l’équivalent d’une cinquantaine de tasses par jour, à peu près la dose mortelle", relève la Dre Zierath. Mieux vaut donc choisir le sport que la machine à expresso.

Source : Cell Metabolism, 6 mars 2012 – interview du Dr Romain Barres, 9 mars 2012
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Mot-clef : Activité physique

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