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Actualités santé

Enfants : limiter l'impact psychologique des actes terroristes

[ Publié le 27 mars 2012 ]

Le 19 mars, un homme a assassiné trois enfants et un adulte devant une école religieuse à Toulouse. En mémoire des victimes, une minute de silence a été observée dans tous les établissements scolaires mardi. Une décision qui confronte indirectement les enfants à ce drame. Pour les aider à le comprendre sans en garder de traumatisme, Catherine Héry, psychologue à l’hôpital universitaire de Nantes, met l’accent sur la communication.

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Le drame de Toulouse fixé dans la mémoire de tous les écoliers de France. Lundi 19 mars au matin, un homme a tué par balles trois enfants et un adulte alors qu’ils se rendaient à l’école Ozer Hatorah. En mémoire des victimes, le président de la République a demandé à toutes les écoles françaises d’observer une minute de silence mardi. Difficile, en conséquence, de ne pas expliquer aux enfants ce qui s’est passé.

"La minute de silence permet de ne pas banaliser la violence et signifie que nous sommes réunis dans une solidarité humaine", commente Catherine Héry, psychologue à l’hôpital universitaire de Nantes. Et paradoxalement, ce silence permet d’ouvrir le dialogue. "La parole est donnée aux enfants. Ils peuvent en discuter avec leur maître ou leur maîtresse". Cette communication entre les enfants et les adultes est essentielle pour la gestion d’un tel drame. L’objectif : éviter que les jeunes enfants soient "débordés par les informations tragiques".

Adapter le message
"L’essentiel est de ne pas laisser l’enfant seul dans le silence", avertit Catherine Héry. "Si on ne lui en parle pas, il risque de s’isoler, de se sentir abandonné." Même à 4 ans, et même s’il ne pose pas spontanément de questions, il peut – sans communication – se faire une idée personnelle et particulièrement traumatisante d’un tel drame. Il convient donc "d’aller chercher les besoins de communication de l’enfant et de ne pas le laisser à l’écart".

Bien entendu, le contenu du message doit être adapté selon l’âge et la maturité de l’enfant. "Avant l’âge de 8 ans, il faut commencer par leur demander ce qu’ils ont retenu de l’événement", recommande Catherine Héry. "Demandez-leur de vous raconter ce qui s’est passé, et ce qu’ils ont compris." Ensuite, "vous pourrez leur expliquer ce qui leur a échappé et répondre à leurs questions".

Après 8 ans, l’enfant pose spontanément davantage de questions. "On peut alors évoquer le ‘pourquoi’ du drame, parler de la folie, voire du racisme. Dans tous les cas, commenter l’actualité, c’est prendre du recul par rapport à la brutalité de l’information et de l’image à la télévision", souligne Catherine Héry. Veillez toutefois à mesurer vos paroles…

Gérer les craintes de récidive
Depuis cette tuerie, le plan Vigipirate est passé à son niveau le plus élevé. Récréations dans les classes, interdiction de rester devant les écoles : la peur touche tout le pays. "Pour apaiser ses manifestations chez l’enfant, il faut en parler avec lui, lui expliquer et lui permettre de se décharger de son angoisse", conseille Catherine Héry. "N’hésitez pas à évoquer les mesures de sécurité prises pour leur protection et à les rassurer sur la suite des événements."

Source : interview de Catherine Héry, 20 mars 2012
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Deuil , Psychologie

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