Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Paludisme : comment le parasite responsable a envahi l'Amérique latine

Actualités santé

Paludisme : comment le parasite responsable a envahi l'Amérique latine

[ Publié le 10 février 2012 ]

Chaque année 2,7 millions de personnes vivant en Amérique du sud sont infectées par le paludisme, dont près de la moitié au Brésil. Si le parasite responsable est bien né sur le continent africain, la manière dont il a pu traverser l’océan jusqu’aux Amériques est longtemps restée indéterminée. Une étude lève le voile sur ce mystère.

paludisme-maladie_priorite_sante_mutualiste

Sans la traite des esclaves, le paludisme n’aurait peut-être jamais gagné les Amériques. C’est la conclusion d’une étude menée sur l’origine de Plasmodium falciparum – le parasite responsable de la forme la plus grave de cette maladie. C’est sur les navires négriers, entre le XVIe et le XIXe siècle, qu’il aurait traversé l'Atlantique d'est en ouest.

Les chercheurs de l'unité mixte de recherche "maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle" (Mivegec) ont réuni plusieurs centaines d'échantillons de sang humain infecté qui provenaient de tous les points du globe. Ils ont été comparés afin de déterminer leurs similitudes. Les chercheurs ont identifié deux groupes génétiquement distincts en Amérique latine. Tous deux étaient plus proches du parasite africain que des variations qui circulent en Asie ou au Moyen-Orient.

Curieusement, alors que les esclaves venaient tous d'Afrique de l'Ouest, deux groupes génétiques différents de falciparum sont présents en Amérique latine: l'un au Nord, en Colombie, et l'autre dans tout le Sud. Le Brésil est tout particulièrement affecté. Logique : 40% des Africains emmenés de force outre-Atlantique l'ont été dans ce pays.

Une fièvre cyclique

Actuellement, le paludisme est endémique dans la zone intertropicale, essentiellement dans le bassin amazonien (90% des infections), en Amérique centrale et dans le sud du Mexique. Mais c’est toujours en Afrique qu’il est le plus présent.

Cette parasitose se manifeste par une fièvre soudaine, huit à trente jours après l’infection, pouvant s’accompagner de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux. "Des cycles de 36 à 72 heures alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense peuvent alors survenir : c’est l’accès palustre", explique l’Institut Pasteur sur son site Internet. La périodicité de ces cycles dépend de l’espèce en cause. Elle coïncide avec la multiplication des parasites.

Le principal danger du paludisme à P. falciparium est l’éclatement des globules rouges, qui provoque une anémie. Pire : "Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent bloquer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c’est le neuropaludisme, souvent mortel", indique l’Institut Pasteur. Si vous projetez un voyage en zone impaludée, ou que vous souffrez d’un accès de fièvre en revenant, consultez rapidement votre médecin.

Source : Actualité scientifique, Institut de recherche pour le développement (IRD), janvier 2012 – site de l’Institut Pasteur, 10 février 2012.
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

ECHANGER