Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Douleurs persistantes après un acte chirurgical : une étude pour mieux les comprendre

Actualités santé

Douleurs persistantes après un acte chirurgical : une étude pour mieux les comprendre

[ Publié le 24 février 2012 ]

Une équipe de l’hôpital Raymond Poincaré, à Garches, s’est penchée sur les douleurs chroniques postopératoires (DCPO), survenant chez des patients après un acte chirurgical et dont l’apparition est encore inexpliquée. Les résultats ouvrent des perspectives pour une meilleure compréhension du mécanisme de ces douleurs. Les explications du Pr Dominique Fletcher, anesthésiste à Raymond Poincaré et principal auteur de cette étude.

douleurs-post-operatoires_priorite_sante_mutualiste

Il peut arriver que des personnes opérées souffrent ensuite pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, de douleurs chroniques postopératoires (DCPO). Il s’agit de douleurs persistantes et souvent très importantes. Elles constituent la seconde cause de consultation dans les centres de prise en charge de ce type de douleur, juste derrière les douleurs lombaires liées à la compression d’une racine nerveuse. En France, chaque année, plusieurs dizaines de milliers de patients souffrent de DCPO à la suite d’une des 6 millions d’opérations réalisées sur l’ensemble du territoire.

Une équipe de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) s’est intéressée à ces douleurs spécifiques. Elles "se caractérisent par une douleur persistante au site de l’opération, qui se prolongent plus de deux mois après l’intervention. Elle n’ont pas d’autre cause identifiée que la chirurgie, ni de lien avec une douleur préopératoire", explique le Pr Dominique Fletcher, anesthésiste à Raymond Poincaré et responsable de cette étude menée auprès de 85 patients. Tous devaient subir une arthrodèse, une intervention destinée à réparer une lésion articulaire au moyen d’un greffon osseux auto-prélevé.

Des premiers résultats prometteurs
Pour ce faire, les chirurgiens ont "prélevé un fragment osseux au niveau de la crête iliaque (le bord supérieur de l’os du bassin)", indique le Pr Fletcher. "L’intervention provoque souvent des lésions au niveau du nerf qui passe dans cette zone. Les douleurs sont alors ressenties à un autre endroit du corps : la face latérale de la cuisse, que traverse ce même nerf." Dans la mesure où cet endroit n’a subi aucune lésion directe, aucune autre cause ne peut être attribuée à la douleur observée dans la zone. "Ce modèle était idéal pour observer l’évolution des douleurs dues à une lésion nerveuse", commente le Pr Fletcher.

Parmi ces 85 patients, un sur quatre a développé des signes de DCPO. Dans la plupart des cas, il s’agissait de douleurs neuropathiques, c’est-à-dire qu’elles trouvaient leur origine dans une lésion nerveuse. "On les reconnaît aux symptômes très spécifiques décrits par les patients : des sensations de brûlure ou de décharges électriques", précise le Pr Fletcher. Les médecins ont aussi observé qu’une "hypersensibilité autour de la cicatrice augmenterait la probabilité de développer une DCPO".

Des études complémentaires seront nécessaires pour "parvenir à comprendre quelles lésions évoluent vers une douleur chronique, dans quelles conditions survient le phénomène, et pour en expliquer les mécanismes ", estime le Pr Fletcher. Pourtant, ces premiers résultats sont porteurs d’espoir : ils sont transposables à de nombreuses interventions pourvoyeuses de lésions nerveuses. C’est le cas notamment de la chirurgie du sein, du thorax ou des varices.

Source : Fondation Apicil, Hôpitaux universitaires Paris Ile-de-France Ouest, site Raymond Poincaré de Garches, 16 février 2012
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Douleur , Traitement douleur

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER