Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Douleur chronique : reportage dans une structure de soins adaptés

Actualités santé

Douleur chronique : reportage dans une structure de soins adaptés

[ Publié le 20 février 2012 ]

La douleur chronique est celle qui a "fait son nid" dans le corps de ses victimes. Persistante, rebelle aux antalgiques, elle transforme la vie quotidienne en cauchemar. Aujourd’hui, des structures rattachées à certains hôpitaux sont dédiées au traitement médical et psychologique de ces douleurs. Reportage dans l’une d’elles : le centre d’évaluation et de traitement de la douleur, au sein de l’hôpital universitaire de Nantes.

douleur-arthrose_priorite_sante_mutualiste

"De l’arthrose, j’en ai partout : dans le cou, les épaules, les mains, la colonne vertébrale, les pieds", énumère Maïté, 74 ans. Depuis deux jours, cette charmante vieille dame est hospitalisée au centre d’évaluation et de traitement de la douleur, au sein de l’hôpital universitaire de Nantes. La douleur, elle la connaît bien : elles ne se quittent jamais ! C’est pour apprendre à ne pas se laisser abattre par ses maux chroniques qu’elle a été orientée vers cette structure spécialisée.

Chaque semaine, sept patients sont hospitalisés dans ce centre pour sept jours. Qu’ils soient atteints d’une fibromyalgie, de lombalgies, d’arthrose, victimes d’un accident ou convalescents après une lourde opération, ils souffrent tous d’une douleur dite chronique. C'est-à-dire une douleur qui ne disparaît pas, persistante depuis plus de six mois et qui ne cède pas aux antalgiques.

Ces douleurs incessantes ne sont pas forcément aiguës mais elles empoisonnent la vie des gens qui en sont victimes. Elles peuvent aussi briser des couples et des amitiés, ou ruiner des carrières. "Elles sont présentes en permanence, avec un retentissement sévère sur la vie quotidienne des patients. Notre objectif est de leur faire prendre conscience qu’ils doivent fonctionner autrement, et leur transmettre les méthodes antalgiques à leur disposition", explique la Dre Edwige de Chauvigny, responsable de l’hospitalisation au centre.

"Avant de venir nous consulter, les patients doivent faire l’objet d’un bilan auprès d’un médecin de ville", précise le Dr Julien Nizard, responsable du centre. "Ne sont admis que des douloureux chroniques ayant mal depuis plus de six mois. Sinon, nous serions submergés !"

L’activité physique, une arme contre la douleur

"Nous avons aussi bien sûr des antalgiques médicamenteux et des méthodes de stimulation nerveuse pour aider les malades", indique le Dr Nizard. Mais l’aspect psychologique, social, familial et professionnel est "primordial". D’autres moyens de lutte sont donc utilisés.

Bouger : c’est l’une des armes proposées contre la douleur. "Souvent, nos patients ont peur du mouvement car ils craignent de souffrir davantage. Alors ils ne bougent plus et leurs muscles fondent. Cela majore leur douleur et favorise l’isolement. C’est un cercle vicieux", déplore la Dre Emmanuelle Kuhn, algologue au centre. Pour y remédier, chaque jour, ils participent à des séances de marche autour de l’hôpital.

Toutefois, cet effort physique doit être "bien dosé". Les professionnels de santé spécialisés qui travaillent au centre mettent tout en œuvre pour aider les patients à réapprendre à se mouvoir. Maïté met ainsi en pratique les conseils de ses médecins : "J’essaie de faire les choses plus doucement, avec souplesse. Je tente aussi d’être à l’écoute de mon corps."

Rendre les patients autonomes
L’équipe du centre d’évaluation et de traitement de la douleur en est convaincue : lutter contre la douleur n’est qu’un pis-aller. Certes, pour ces patients, "il est presque impossible de ramener à zéro une douleur évaluée par le patient à 8 sur une échelle de 10", admet la Dre Kuhn. "Notre objectif est plutôt de réduire la fréquence des pics de douleur."

Un autre objectif consiste à aider ces personnes à "reprendre confiance en leur capacité à réaliser des activités et, surtout, à y prendre plaisir", ajoute la Dre de Chauvigny. Pour ce faire, un certain nombre d’activités et d’outils thérapeutiques sont proposés. Séances de kinésithérapie individuelles ou en groupe, relaxation, consultations avec un psychologue, art-thérapie ou encore hypnose. "Nous avons, en quelque sorte, une boîte à outils", souligne le Dr Nizard. "Nos patients peuvent choisir en fonction de leurs préférences mais ils doivent impérativement être acteurs face à leur douleur. Notre but est de les rendre autonomes."

Maïté apprécie tout particulièrement les séances de relaxation et de "yoga du rire" : "Quand on a mal, on est comme noué. Faire des jeux et rire, cela me permet d’évacuer non seulement la douleur physique mais aussi les soucis. Quand on est actif, la douleur est présente mais on arrive à la mettre de côté", témoigne-t-elle.

Source : reportage au centre d’évaluation et de traitement de la douleur, hôpital universitaire de Nantes, 6 février 2012
(Destination santé ©)

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER