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Dépendance à l'alcool : les signes qui doivent vous alerter

[ Publié le 15 février 2012 ]

La dépendance à l’alcool est l’une des plus répandues en France. Souvent niée, elle est entourée de nombreux préjugés. Il s’agit pourtant d’une véritable maladie. Comment la définir et la reconnaître ? Le point avec le Dr Philippe Batel, psychiatre addictologue à l’hôpital Beaujon-Val de Seine à Clichy.

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Où se situe la ligne jaune entre une consommation d’alcool "normale" et le passage à la dépendance ? Question complexe. En effet, une dose relativement inoffensive pour les uns peut faire courir ce risque à d’autres. Le passage à la dépendance est une question de vulnérabilité plus que de quantité. Les dépressifs, impulsifs, anxieux, psychologiquement fragiles, qui ont des phobies ou des difficultés à communiquer, ont une sensibilité plus aiguë.

On peut aussi avoir pris des habitudes ou hérité de certaines caractéristiques génétiques. Biologiquement, la réaction du cerveau et sa vulnérabilité en présence d’une drogue sont génétiquement déterminées. Dans tous les cas, cette addiction est, comme les autres, une véritable maladie, potentiellement mortelle, qu’il convient de prendre au sérieux.

De l’envie festive au besoin maladif
Premier signal d'alarme : un besoin d'alcool ressenti dès le réveil. A jeun, on éprouve des symptômes de sevrage comme des tremblements, des sueurs ou des nausées. La gueule de bois n’est pas suffisante pour arrêter l’envie. La personne dépendante a de plus en plus tendance à boire seule et à minimiser sa consommation. Le comportement devient inégal : l’alcoolique devient anxieux, irritable, il entre en difficultés relationnelles avec son entourage et se réfugie dans le déni. Le seuil de la dépendance psychologique est dépassé quand cette personne perd toute capacité à moduler sa consommation et vit dans l'obsession de l’alcool.

Même si la dépendance n’est pas toujours une question de quantités, il existe des repères fiables pour commencer à s’interroger sur sa consommation. "Pour un homme, elle devient problématique lorsqu’elle dépasse 21 verres de 10 grammes d’alcool par semaine, ou quatre par occasion de boire. Chez la femme, ce seuil se situe à 14 verres par semaine ou trois par occasion de boire", explique le Dr Philippe Batel, psychiatre addictologue à l’hôpital Beaujon-Val de Seine à Clichy. La semaine inclut bien entendu le week-end.

De l’abstinence totale au contrôle
Une fois la dépendance alcoolique établie, c'est-à-dire notamment reconnue par le malade, l’aide s’organise. "De plus en plus de thérapies sont mises en place aujourd’hui", indique le Dr Batel. Dans un premier temps, des entretiens à l’hôpital ou en centre spécialisé sont instaurés. Ils s’échelonnent sur une période de six mois à un an, selon les souhaits et les besoins du patient. Cette première phase est importante : elle le prépare au sevrage. Il choisira ensuite lui-même s’il veut être sevré à domicile ou en centre spécialisé. Pour l’aider à maintenir son abstinence, un traitement médicamenteux peut être envisagé.

Cette prise en charge complète vise à lui ré-inculquer la notion de contrôle. Le patient choisit sa thérapie, il est donc également capable de choisir sa façon de boire. En effet, contrairement à ce qui était la règle ces dernières décennies, "l’abstinence totale est remise en cause aujourd’hui et, pour certains malades, une faible consommation peut être envisagée", explique le Dr Batel. Par ailleurs, un vaste essai clinique d’un an a démarré début 2012 pour évaluer l’action d’un myorelaxant, le baclofène, présenté comme un remède-miracle contre l'envie pathologique de boire de l'alcool. Les résultats sont attendus pour 2013.

Source : interview du Dr Philippe Batel, 2 décembre 2011 – université Paris-Descartes, site consulté le 13 février 2012
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Mot-clef : Addiction alcool

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