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Antidouleur sans ordonnance : mieux les connaître pour bien les utiliser

[ Publié le 7 février 2012 ]

La douleur alerte sur l’existence d’une maladie ou d’un traumatisme. Mais lorsqu’elle dure, elle peut altérer la qualité de vie. Contre les douleurs qui se manifestent sur une courte durée, certains médicaments sont disponibles sans ordonnance. Comment bien les utiliser ? Le Pr Jean-Paul Giroud et le Dr Julien Nizard, spécialistes de la question, décortiquent les règles de bon usage de ces antalgiques.

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Paracétamol, ibuprofène, aspirine : ces médicaments contre la douleur figurent au premier palier de l’échelle des traitements de la douleur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui en compte trois. Ces antalgiques sont utilisés contre les douleurs dites aiguës, c'est-à-dire qui se manifestent sur une courte durée, afin d'éviter que ces souffrances altèrent votre qualité de vie. Même si votre médecin peut vous les prescrire, vous pouvez également en demander en pharmacie : ces produits sont disponibles en automédication, c'est-à-dire qu'ils peuvent être obtenus sans ordonnance.

Toutefois, ils restent des médicaments et peuvent entraîner des effets indésirables ! Comment bien les utiliser, sans risque de toxicité ou de conséquences graves ? Expert en pharmacologie, le Pr Jean-Paul Giroud est membre de l’Académie nationale de médecine. Il rappelle que l’automédication, y compris avec les antalgiques, est particulièrement déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux nourrissons et aux personnes âgées. Et dans tous les autres cas, consultez avec attention la posologie maximale indiquée sur la notice.

Paracétamol : attention à votre foie

Le Pr Giroud décrypte l’usage de  ces antidouleurs en commençant par "le mieux supporté, le paracétamol". Pour les douleurs récurrentes, il est aussi accessible en association avec la codéine. Il est néanmoins toxique pour le foie. "En automédication, un adulte ne doit jamais dépasser 3 grammes par jour, soit six comprimés de 500mg, et ce pendant cinq jours au maximum", recommande-t-il. Pour un enfant ou une personne pesant moins de 50 kilos, ou un patient souffrant d’une maladie du foie ou des reins, demandez conseil à votre pharmacien.

Aspirine : estomac malmené et risque hémorragique

L’aspirine, quant à elle, peut agresser l’estomac. En cas de surdosage, elle présente un risque d’hémorragie interne. "J’ai reçu un patient qui prenait 12 grammes d’aspirine par jour", raconte le Dr Julien Nizard, responsable du Centre d’évaluation et de traitement de la douleur à l’hôpital universitaire de Nantes. "Il a été surpris lorsque je l’ai averti qu’il encourait un risque hémorragique majeur, voire mortel !"

Ibuprofène : contre-indiqué aux femmes enceintes

L’ibuprofène est un anti-inflammatoire utilisé comme antalgique. Il peut provoquer une toxicité digestive et rénale. De plus, "une insuffisance hépatique ou des anomalies de la coagulation font partie des contre-indications", précise le Pr Giroud. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) rappelle aussi que l’ibuprofène – comme tous les anti-inflammatoires de cette famille, y compris l’aspirine au-delà de 500 mg par jour – sont déconseillés pendant la grossesse jusqu’au 6e mois, et contre-indiqués ensuite. Ces molécules sont "responsables d’une toxicité foetale et néonatale grave, voire fatale : mort in utero ou néonatale, atteintes rénales et/ou cardio-pulmonaires néonatales", fait-elle savoir.

Education thérapeutique
L’utilisation d’un antidouleur en automédication ne doit donc jamais se décider à la légère. "Si la douleur persiste, si elle se répète et/ou si elle est très intense, il faut consulter un médecin", insistent le Pr Giroud et le Dr Nizard. En effet, "trop de patients sont inutilement en surdosage d’antidouleur, avec un résultat contre-productif. Ainsi, 80% de ceux qui présentent des maux de tête quotidiens souffrent, en réalité, parce qu’ils sont surmédiqués", précise le Dr Nizard. L’éducation thérapeutique est donc très importante : une fois bien informée sur ces produits, toute personne peut alors prendre, en connaissance de cause, la décision d’y avoir recours ou non. En cas de douleur récurrente ou violente, consultez donc votre médecin traitant. Il saura, si besoin, vous diriger vers un spécialiste de la prise en charge de la douleur.

Source : interview du Pr Jean-Paul Giroud, 27 janvier 2012 -
interview du Dr Julien Nizard, 27 janvier 2012.
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Douleur , Médicament

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