Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Anorexie mentale : quand la minceur devient dénutrition

Actualités santé

Anorexie mentale : quand la minceur devient dénutrition

[ Publié le 17 février 2012 ]

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire conduisant à une extrême maigreur. Elle concerne essentiellement les adolescentes. Décryptage de cette "addiction sans substance" avec le Pr Marcel Rufo, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital universitaire Sainte-Marguerite (Marseille).

anorexie-mentale_priorite_sante_mutualiste

A l’origine, il y a souvent un choc. Mais parfois, il suffit d’une remarque, d’une photo, d’un pari, ou même du "petit régime" qui dérape. L’anorexie mentale est une maladie relativement rare : elle touche environ 2% de la population, essentiellement des adolescentes entre 12 et 20 ans. Les garçons sont moins touchés : sur dix anorexiques, un seul est de sexe masculin.

Une maladie rare mais grave
Ce trouble se traduit par une obsession de la perte de poids, entraînant d’importantes restrictions alimentaires. Les anorexiques se sentent éternellement gros et, paradoxalement, ne se voient pas maigrir. Souvent, les privations s’accompagnent d’activités physiques ou intellectuelles intenses, toujours par peur de grossir. Le désir de mincir peut aussi entraîner des crises de boulimie suivies de vomissements, l’usage de laxatifs ou de diurétiques.

L’anorexie est une maladie grave : elle peut entraîner la mort. "La mortalité se situe entre 5 et 22%, selon les études", précise le Pr Marcel Rufo, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital universitaire Sainte-Marguerite (Marseille). Les patientes s’affament et maigrissent alors dans des proportions considérables. "Certaines ne pèsent que 27 kg" à leur arrivée à l’hôpital, illustre-t-il. Un poids beaucoup trop faible, même pour une jeune fille mesurant 1,55 m. Dans ce cas de figure, l’indice de masse corporelle (IMC) s’établit à 11, pour un seuil minimal fixé à 20, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une image de soi fragilisée
"Je veux sentir mes os, être légère comme une plume." Quelles que soient les raisons invoquées, "les anorexiques ont en réalité pour obsession la maîtrise absolue de leur corps", décrypte le Pr Rufo. Ces personnes "mettent en place un régime qui réussit trop bien". Cette pathologie de l’alimentation est ainsi "une maladie de l’image de soi", précise-t-il. Elle contient aussi une part sociale due à l’image positive de la minceur, qui correspond à la réussite sociale : "Aujourd’hui, en Occident, les riches sont maigres et les pauvres, gros."

Les anorexiques entretiennent un rapport particulier à leur corps au moment de la puberté. L’adolescence représente un défi de taille : il s’agit de "s’accepter comme on est, avec ses rondeurs ou sa maigreur, avec ses défauts en somme", indique le Pr Rufo. Or, les adolescents – et particulièrement les adolescentes – sont "fascinés par le juste poids". Ils cherchent à "faire comme les autres, et finissent par se laisser submerger par la maladie. "L’anorexie prend alors le pas sur la personne, elle la domine", résume-t-il.

Une maladie dont on peut guérir

Fort heureusement, l’anorexie mentale est réversible : "85% des patientes guérissent", souligne le Pr Rufo. Mais ce rétablissement peut demander beaucoup de temps. "Cela peut durer deux mois comme toute une vie !" Pour sortir de cet engrenage infernal, une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire. En plus du psychiatre, l’équipe qui prend en charge la patiente doit être composée d’un généraliste, d’un nutritionniste et d’un diététicien.

C’est donc vers ces professionnels de santé que les parents doivent se tourner s’ils soupçonnent une anorexie mentale. En tout cas, "ils ne doivent pas se braquer face à une jeune fille qui semble manipulatrice, qui ment en promettant qu’elle va manger à nouveau", recommande le Pr Rufo. "C’est la preuve qu’elle est bien vivante !" Le plus important pour l’aider à s’en sortir est de "maintenir le lien".

Source : interview du Pr Marcel Rufo, 6 février 2012
(Destination santé ©)

Mot-clef : Anorexie

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER