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Actualités santé

Un essai inédit de prévention du VIH/sida chez les homosexuels et bisexuels masculins

[ Publié le 6 janvier 2012 ]

Contre le VIH/sida, le préservatif demeure la protection la plus sûre. Toutefois, un vaste essai se prépare en France pour savoir si la prise ponctuelle d’antirétroviraux peut empêcher la contamination. Cette étude, Ipergay, sera lancée fin janvier. L’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) recrute des hommes séronégatifs ayant des relations sexuelles avec des hommes pour la phase pilote.

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Ipergay. C’est l’acronyme d’intervention préventive de l’exposition aux risques avec et pour les gays. Cet essai est le premier du genre en Europe. Il doit permettre de déterminer si la prise d'un médicament antirétroviral juste avant et juste après un rapport sexuel, associée à une offre de prévention renforcée, peut réduire le risque d'être infecté par le VIH/sida.

Pour le savoir, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), responsable de cette étude, recrute "300 hommes et personnes transsexuelles séronégatives ayant des relations anales avec des hommes sans utilisation systématique d’un préservatif ". Ils devront avoir eu "au moins deux partenaires sexuels différents dans les six mois précédant leur participation à l’essai, qui durera entre 12 et 48 mois".

Offre de prévention renforcée
Pour justifier le choix de cette cible, les spécialistes de l'ANRS rappellent que si les gays ont été les premiers à se protéger contre cette maladie dès son apparition, dans les années 1980, les comportements ont changé depuis l’avènement des trithérapies. Le nombre de ceux qui utilisent systématiquement un préservatif ne cesse de diminuer. Parallèlement, celui du nombre de nouveaux cas de VIH/sida augmente.

Les hommes recrutés seront répartis en deux groupes. Les uns recevront l’antirétroviral Truvada®, les autres un placebo. Tous pourront recourir au médicament "à la demande" pendant leur période d’activité sexuelle. En parallèle, les participants des deux groupes se verront tous proposer une offre renforcée de prévention : distribution de préservatifs, dépistages réguliers du VIH/sida et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), vaccination contre les hépatites A et B. Ils auront également un programme de consultations à l’hôpital environ tous les deux mois, pour des entretiens et des examens cliniques.

Les résultats prometteurs d’autres essais de prévention

Si cet essai est le premier du genre en Europe, l’utilisation préventive de traitements antirétroviraux elle-même n’est pas une nouveauté. Appelée "prophylaxie pré-exposition" (Prep), elle est largement utilisée depuis 1994 pour prévenir la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant lors de la grossesse et de l’accouchement.

Le seul autre essai de ce type, appelé Iprex, a été mené en Amérique du sud et en Thaïlande. Les résultats, publiés fin 2010, sont encourageants : le risque de contamination par le VIH/sida a été réduit de 44%. Autre essai, autre succès : HPTN 052 a été conduit par les Instituts nationaux de la santé (NIH) américains auprès de plus de 1.700 couples sérodiscordants, c’est-à-dire des couples composés d’un partenaire séronégatif et d’un autre séropositif. "Si la personne séropositive du couple adhère à la posologie du traitement antirétroviral, le risque de transmission du virus à son partenaire sexuel non infecté peut être réduit de 96%", selon les résultats publiés au printemps 2011.

Plus récemment, les résultats d’un essai mené en Afrique du sud, sur l’utilisation d’un gel microbicide contenant un anti-VIH chez 899 femmes, ont montré une réduction de 39% du risque d’infection par rapport au placebo.

"Ces données confortent la nécessité de poursuivre la recherche sur la Prep dans les groupes exposés", commente le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon (Paris) et co-responsable de l’essai. Or, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes représentent une population à risque en Europe. "La preuve de la Prep sur ces personnes manque toujours", explique-t-il.

Pour plus d’informations, consultez le site www.ipergay.fr ou appelez Sida Info Service au 0800 840 800 de 8h à 23h (anonyme et gratuit).

Source : ANRS, 4 janvier 2012
(Destination santé ©)

Mot-clef : VIH Sida

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