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Actualités santé

Implants PIP : des gels siliconés de mauvaise composition

[ Publié le 6 janvier 2012 ]

La 2e réunion du comité de suivi des femmes porteuses d’implants mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) s’est tenue le 5 janvier au ministère de la Santé. Il a notamment été question de la composition exacte des gels de silicone utilisés dans ces prothèses.

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Qu'y a-t-il vraiment dans les implants mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) ? Cette question a fait l’objet de vives discussions lors de la 2e réunion du comité de suivi des femmes porteuses d’implants mammaires PIP. Difficile, en effet, d’y répondre d’une manière définitive : selon la Direction générale de la Santé, "il semble que cette composition ait varié au cours des années, et même en fonction des types de prothèses".

"Il s’agit bien d’un gel obtenu à partir de matières de la famille des silicones, mais il n’atteint pas le degré de qualité d’un gel de silicone destiné à des implants mammaires", indiquait déjà l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un rapport datant de 2010. En d’autres termes, ce gel de silicone n’est pas conforme à ce qui était déclaré par le fabricant. Ce dernier l’a d’ailleurs reconnu devant les gendarmes, avec un cynisme glaçant.

Seule certitude actuelle sur la composition du gel : des additifs industriels y étaient mélangés avec différentes sortes de silicones médicales et non médicales. Parmi ces ingrédients, dissimulés aux autorités de surveillance pendant des années : le Baysilone, un additif pour carburants, et deux produits utilisés dans les caoutchoucs, le Silopren et le Rhodorsil.

Les informations qui filtrent peu à peu sur ce cocktail explosif augmentent l’indignation et l’inquiétude des 30.000 Françaises porteuses de prothèses mammaires PIP, ainsi que des 500.000 patientes concernées à travers le monde. Sans compter les hommes qui se seraient fait implanter des prothèses testiculaires, des implants fessiers ou de faux pectoraux, également frelatés.

Un comité de suivi par mois
Au 28 décembre, l'Afssaps recensait 1.143 ruptures de prothèses mammaires PIP et 495 réactions inflammatoires, avec ou sans fuite du gel à travers l’enveloppe. Par ailleurs, 20 cas de cancers ont été observés chez des femmes porteuses de ces implants. Le lien de cause à effet n’est toujours pas établi, même si le risque inflammatoire pourrait être une piste.

Afin de mieux suivre les femmes porteuses de ces prothèses frelatées, ce comité de suivi se tiendra désormais tous les mois. Il est présidé par le Directeur général de la santé et composé de membres de l’Afssaps, de l’Institut de veille sanitaire (InVS), de l’Institut national du cancer (Inca) et de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Les professionnels de santé sont représentés par l’Ordre des médecins et les représentants des sociétés savantes en cancérologie, hématologie, pathologies mammaires, chirurgie plastique et reconstructrice. L’Association de défense des porteuses de prothèses PIP (PPP), le Mouvement de défense des femmes porteuses d’implants et de prothèses (MDFPIP) et la Ligue nationale de lutte contre le cancer y font entendre la voix des victimes.

Source : ANSM (ex-Afssaps) et ministère de la Santé, sites consultés le 6 janvier 2012.
(Alexandra Capuano avec Destination santé ©)

Mot-clef : Cancer sein

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