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Violences sexuelles faites aux enfants : un sujet encore tabou

[ Publié le 3 décembre 2011 ]

La question des violences sexuelles à l’encontre des enfants a été au cœur du premier colloque national "Violences faites aux femmes : conséquences du sexisme ordinaire", qui s’est tenu le 25 novembre à Nantes. Il était organisé, notamment, par l’association Gynécologie sans frontières (GSF) et la mission départementale des droits des femmes en Loire-Atlantique.

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C’est sur le thème particulièrement sensible et difficile à aborder des violences sexuelles faites aux enfants que s’est tenu, le 25 novembre à Rennes, le premier colloque national "Violences faites aux femmes : conséquences du sexisme ordinaire".

Un sujet tabou, donc, plus encore que celui des violences sexuelles à l’encontre des femmes, "surtout pour les victimes, qui ont tendance à se murer dans le silence", analyse le Pr Jean-Michel Rogez, chirurgien en pédiatrie et doyen de la faculté de médecine de Nantes. Il l’associe "au poids de la culture, de la société, des religions", mais aussi à un sentiment de culpabilité ressenti dès le plus jeune âge. Résultat : "Dans un tiers des cas, ces violences sont tues", déplore la Dre Nathalie Vabres, pédiatre à l’hôpital universitaire de Nantes.

Première étape : briser le silence
Les violences sexuelles à l’encontre des enfants sont presque toujours intrafamiliales. Conséquence : il est d’autant plus difficile, pour les victimes, de révéler ce lourd secret. "En plus des menaces proférées par l’agresseur, il y a la peur de briser l’unité familiale", souligne la Dre Vabres. Il est pourtant  essentiel, pour leur reconstruction psychologique, que les victimes puissent expurger ce sentiment de culpabilité.

La première étape consiste à parler : avec un parent, un ami, un enseignant ou un psychologue, mettre des mots sur ces violences est indispensable. Mais c’est une démarche très compliquée, surtout face à des personnes qui ne sont pas préparées à faire face à ce genre de problème. C’est pourquoi "les professionnels de santé et de l’éducation doivent être davantage en alerte vis-à-vis des signes susceptibles de traduire des violences sexuelles", estime le Pr Rogez.

Des signes difficiles à détecter
"Les signes de violence reproduits par un enfant sur lui-même, un camarade ou une poupée sont parfois une manière de révéler les violences qu’il a lui-même subies", indique la Dre Vabres. Toutefois, en pratique, peu de professionnels de l’éducation ou de la santé se risquent à effectuer des signalements aux services sociaux, souvent par peur de "signaler des violences qui n’existent pas ou de créer des histoires où il n’y en a pas".

En effet, malheureusement, aucun symptôme ne signe véritablement l’existence d’une violence sexuelle. Reste la prévention. C’est la meilleure protection pour ces enfants, explique le Pr Henri-Jean Philippe, gynécologue et président de Gynécologie sans Frontières. "Il faut davantage profiter de nos consultations, en tant que médecins au contact de femmes enceintes, pour en parler. Cela permet d’organiser un suivi autour de celles qui ont connu des violences dans leur passé et de préserver leurs enfants le cas échéant."

Des hommes victimes
Enfin, contrairement aux idées reçues, les hommes ne sont pas exempts de violences sexuelles, soulignent les intervenants. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), "5% à 10% d’entre eux déclarent avoir été victimes de violences sexuelles durant leur enfance". Est-ce le début d’une nouvelle forme de prise de conscience ?

Source : envoyée spéciale de Destination santé© au 1er colloque consacré aux violences faites aux femmes, Nantes, 25 novembre 2011 – site de l’OMS, consulté le 28 novembre 2011
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Maltraitance , Violence

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