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Trouble bipolaire : une maladie qui peut en cacher d'autres

[ Publié le 15 décembre 2011 ]

Chez les patients souffrant de troubles bipolaires, les spécialistes doivent aussi prendre en compte des troubles associés, ou comorbidités. Il s’agit par exemple de troubles anxieux, d’addictions à l’alcool ou aux substances psychoactives ou de prise de poids excessive, qui augmentent la sévérité de la maladie. Le point avec la Pre Chantal Henry, psychiatre à l’hôpital Albert Chenevier de Créteil.

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Les troubles bipolaires touchent plus de 600.000 personnes en France. Ils se caractérisent par une alternance d’épisodes euphoriques et de phases de dépression. "Hormis ces périodes, le patient est considéré comme indemne de tout trouble psychiatrique majeur", indique la Pre Chantal Henry, psychiatre à l’hôpital Albert Chenevier, qui fait partie du groupement hospitalier Henri Mondor de Créteil.

Or, ce n’est pas le cas : "En dehors de ces phases, le malade peut souffrir de ce que nous appelons des troubles associés, notamment psychiatriques. Les plus fréquents sont représentés par les addictions au sens très large du terme, notamment à l’alcool et au cannabis, mais il y a également les troubles anxieux et du comportement alimentaire", détaille-t-elle. "Les patients présentent aussi beaucoup plus de maladies organiques : une majorité d’entre eux voit augmenter ses facteurs de risque cardiovasculaires. Ils ont aussi davantage de risques de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, d’excès de cholestérol."

Une espérance de vie réduite
De toutes les maladies mentales, le trouble bipolaire est le plus associé aux abus de substances addictives. Ainsi, pour atténuer ou supprimer leurs symptômes, de nombreux patients fument du cannabis ou boivent de l’alcool. "De nombreuses études ont montré qu’au-delà des facteurs qui pourraient être expliqués par le fait qu’ils fument ou boivent plus que les bien-portants, les malades souffrent davantage de pathologies somatiques que la population générale", souligne la Pre Henry. "Cela n’a rien à voir avec leur hygiène de vie et concourt à réduire de 10% leur espérance de vie, hors suicide."

La sévérité des troubles associés dépend aussi du moment où le malade est diagnostiqué et pris en charge. "Plus on laisse évoluer la pathologie sans traitement, plus on risque de voir ces troubles se dégrader", fait valoir la Pre Henry. Ainsi, chez les bipolaires, le risque de maladies cardiovasculaires est multiplié par deux en comparaison avec la population générale. "Nous avons constaté que l’incidence de l’obésité était plus élevée chez ces malades", explique-t-elle. "Elle s’établit à 16%, alors que son incidence moyenne en France est de 10%. C’est pourquoi il est indispensable de se préoccuper aussi des troubles associés."

Source : interview de la Pre Chantal Henry, 5 novembre 2011 – Dr Ronald R. Friere, Comment bien vivre avec des troubles bipolaires, ed. Flammarion (332 pages, 22 euros).
(Destination santé ©)

Mot-clef : Psychologie

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