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Actualités santé

Prothèse totale de hanche : 150.000 interventions par an en France

[ Publié le 31 décembre 2011 ]

La mise en place d'une prothèse totale de hanche est aujourd'hui l'une des interventions chirurgicales les plus fréquentes en France. Il s'en pratique 150.000 par an. Zoom sur cette intervention qui permet de sauver l'autonomie de plus en plus de malades.

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PTH : c'est l'acronyme de prothèse totale de hanche. Cette intervention chirurgicale correspond au remplacement de la partie articulaire d'un côté du bassin et de la tête d'un fémur. Une prothèse comportant une tête fémorale au bout d'une longue tige est implantée dans le canal du fémur, préalablement scié. Chaque année en France, 150.000 de ces implantations sont pratiquées. Parmi elles, 130.119 (soit plus de 86%) sont des interventions dites de première intention. Les autres sont des ré-interventions sur des patients dont une ancienne prothèse doit être remplacée.

Cette opération fait partie du top 5 des interventions chirurgicales les plus fréquentes. A ce jour, plus d'un million de Français sont porteurs d'une prothèse totale de hanche...

D'importants progrès depuis 1962
La principale raison de cette intervention est la coxarthrose. Cette arthrose de la hanche survient généralement après 60 ans. L'autre cause est la fracture du col du fémur. Mais il peut y avoir d'autres motifs. Chez des patients plus jeunes par exemple, différentes maladies congénitales et certaines infections peuvent être à l'origine de cette intervention. "Cette opération a représenté l'une des révolutions médicales de la fin du XXe siècle", se félicite le Pr Jean-Pierre Courpied, chirurgien orthopédiste à Paris.

La PTH est pratiquée en France depuis 1962. Et depuis cette date, d'importants progrès ont été réalisés en termes de matériaux et de design. "Le plastique utilisé aujourd'hui est de bien meilleure qualité (que dans le passé) et la céramique a remplacé l'acier dans de nombreux cas", explique-t-il. Globalement, l'opération présente peu de risques postopératoires. En effet, "les chiffres du registre suédois des PTH - intéressants parce qu'exhaustifs - indiquent que pendant les trois premiers mois suivant l'intervention, la mortalité est en moyenne de 0,7%", souligne Jean-Pierre Courpied.

La durée de vie d'une prothèse est de l'ordre de 15 à 20 ans. Au bout de ce laps de temps, le remplacement peut être nécessaire chez un patient encore jeune, ce qui justifie la plupart des ré-interventions. "La prothèse s'use certes, mais c'est surtout l'os qui s'abîme avec le temps." Il est essentiel que le suivi soit méticuleux. "Il suffit de prendre un rendez-vous chaque année avec son chirurgien. Celui-ci réalisera une radio de contrôle", explique le Pr Courpied.

Mais la recherche sur les matériaux pourrait réduire le nombre de remplacement de prothèses. Une équipe d'ingénieurs et de médecins de la Northwestern University et du Rush University Medical Center de Chicago, et de l'Université de Duisburg-Essen en Allemagne, a mis en évidence les propriétés lubrifiantes du graphite. Utilisé sur la tête fémorale du dispositif (comme sur la photo), cet allotrope du carbone - c'est-à-dire l'une de ses formes naturelles - pourrait allonger la durée de vie des prothèses de hanche. Ce matériau réduirait ainsi l'usure osseuse. Les chercheurs espèrent fabriquer, à terme, des prothèses de hanche ayant une durée de vie égale à celle du patient.

Sources : Académie nationale de chirurgie, 7 décembre 2011 ; Interview du Pr Jean-Pierre Courpied, chirurgien orthopédiste à Paris, 12 décembre 2011 ; Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, Paris, consulté le 12 décembre 2011 ; Northwestern University, 22 décembre 2011

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