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Actualités santé

Lutte contre le paludisme : des progrès fragiles sur fond de résistance parasitaire

[ Publié le 14 décembre 2011 ]

Bonne nouvelle : le paludisme recule dans le monde, annonce l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette amélioration s’accompagne toutefois d’un inquiétant développement de souches résistantes aux médicaments antipaludéens. Des résistances qui pourraient menacer les progrès à venir dans la lutte contre le paludisme.

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Entre 2000 et 2010, le nombre de cas de paludisme a été divisé par deux dans 43 des 99 pays exposés. C’est l’un des enseignements tirés du rapport 2011 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le paludisme dans le monde, publié le 13 décembre. Ce rapport est basé sur les informations communiquées par 106 pays infestés. Il s’agit le plus souvent de pays en développement, où le recueil des données épidémiologiques n’est pas toujours fiable.

Le paludisme recule lentement
Sur la base de ces données, l’OMS estime le nombre total d’épisodes palustres à 216 millions en 2010, dont 81% dans la région Afrique, ce qui représente un recul de 5% par rapport à 2009 et de 17% par rapport à 2000. "Entre 2000 et 2010, des réductions de plus de 50% du nombre de cas de paludisme ont été enregistrées dans 43 des 99 pays touchés par la transmission", indique l’OMS. Huit autres pays connaissent une réduction d’au moins 25%.

Par ailleurs, le taux de mortalité lié au paludisme a diminué de 26% en dix ans, un progrès qualifié de "majeur" par l'OMS, mais cependant inférieur à son objectif initial de -50%. Le paludisme a causé la mort de 655.000 personnes en 2010, en grande partie en Afrique, et dans 86% des cas, les victimes étaient des enfants de moins de 5 ans.

Les moustiquaires de plus en plus répandues
Autre bonne nouvelle : "Les financements internationaux débloqués contre le paludisme n’ont pas cessé d’augmenter, pour culminer à 2 milliards de dollars américains en 2011" (1,5 milliard d’euros), soulignent les auteurs. Toutefois, même si le progrès est sensible, "ces sommes sont encore en-deçà des ressources nécessaires pour atteindre les objectifs définis en matière de lutte antipaludique". Il faudrait 5 milliards de dollars par an jusqu’en 2015…

Ces fonds ont néanmoins permis de favoriser, la mise à disposition de moustiquaires imprégnées d’insecticides (MII) dans de nombreux pays infestés. En Afrique subsaharienne, 50% des ménages environ disposaient de telles moustiquaires en 2011, contre 3 % en l'an 2000. Toutefois, ces moustiquaires doivent être remplacées tous les trois ans pour une efficacité optimale, or elles sont très peu souvent changées.

Le parasite développe des résistances
Plus inquiétant : les spécialistes ont relevé l’émergence de résistances du parasite provoquant le paludisme, le Plasmodium, aux pyréthroïdes. Ce sont les insecticides qui imprègnent les MII. En 2010, ils en ont observé dans 41 pays, dont 27 sur le continent africain.

Le parasite développerait aussi, mais en Asie cette fois, des résistances à certains antipaludéens : les artémisinines. Depuis deux ans, l’OMS suit de près les cas identifiés au Cambodge, au Myanmar (ex-Birmanie), en Thaïlande et au Vietnam. Le protocole thérapeutique contre les accès de fièvre paludéenne retenu par l’OMS repose sur l’artémisinine, en association avec d’autres substances. C’est ce que les spécialistes appellent des ACT, pour Artemisinin Combination Therapies (TCA en français). Pour que ces médicaments restent efficaces, il faut circonscrire les foyers de résistances recensés à la frontière thaïlando-cambodgienne, où de nombreux échecs thérapeutiques ont été rapportés. Faute de quoi, les succès obtenus depuis dix ans pourraient être gravement menacés.

Source : rapport 2011 sur le paludisme dans le monde, OMS/Global Malaria Program, 13 décembre 2011
(Destination santé ©)

Mot-clef : Vaccin

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