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Le manque chronique de sommeil, un enjeu de santé publique |
Avec un raccourcissement progressif du temps de repos, de plus en plus de Français souffrent de troubles du sommeil. A long terme, ces troubles peuvent entraîner des complications cardiovasculaires, voire des cancers. Les Académies nationales de médecine et de pharmacie appellent à en faire un enjeu de santé publique.
En 2010, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), les Français dormaient en moyenne 6h58 en semaine et 7h50 le week-end, soit une heure et demie de sommeil en moins par nuit que dans les années 60. En cause : les nouvelles habitudes de vie, notamment le temps passé devant la télévision et les ordinateurs, mais aussi le stress, un environnement bruyant ou encore une mauvaise qualité de sommeil.
Un rat privé de
sommeil meurt en trois semaines
Résultat : "près d’un tiers des Français se plaint
de troubles du sommeil", constatent les Académies nationales de médecine
et de pharmacie dans une étude commune. Ces troubles touchent notamment, de
plus en plus, les jeunes générations et leurs conséquences néfastes, de mieux
en mieux connues, "sont souvent traitées de façon imparfaite". Au point d’être
considérées par les Académies comme "un enjeu majeur de santé publique".
Fatigue, somnolence diurne, absentéisme ou difficultés scolaires, troubles de la vigilance, augmentation du risque de chutes ou d’accidents : les conséquences d’un manque de sommeil sont très fréquentes, parfois dramatiques. "Elles peuvent se manifester de façons très variées, parfois à l’insu de la personne atteinte, et relèvent de mécanismes multiples de mieux en mieux compris", indiquent les académiciens.
Une cause de troubles
cardiovasculaires
A court terme, ces troubles entraînent de la fatigue et
impactent l'humeur. Plus grave, ils peuvent aussi causer une somnolence diurne,
parfois à des moments où dormir est dangereux, par exemple au volant. "Une
dette minime de sommeil, c’est-à-dire moins de deux heures par jour, répétée
plusieurs jours de suite, produit le même effet qu’une privation totale de
sommeil", précisent les Académies. Or, "un rat privé de sommeil meurt
en deux à trois semaines, alors que la durée de vie normale de cette espèce est
de trois ans."
Quand la dette de sommeil devient chronique, les personnes souffrent d’une désynchronisation de leur horloge biologique, avec un dérèglement du rythme normal de "veille-sommeil" sur vingt-quatre heures. Cette privation pourrait aussi être à l'origine de dépression, de maladies cardiovasculaires, voire de certains cancers, montrent plusieurs études menées ces dernières années.
Source : communiqué commun
des Académies nationales de médecine et de pharmacie, novembre 2011 - Institut national du sommeil et de la
vigilance (INSV), site consulté le 2 décembre 2011?.
(Alexandra Capuano
avec Destination santé ©)
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