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Actualités santé

L'Inca met en garde contre les prétendus bienfaits santé des cabines de bronzage

[ Publié le 27 décembre 2011 ]

Les professionnels du bronzage artificiel vantent les bienfaits des bancs à UV pour pallier au manque de vitamine D pendant l’hiver. Certains s’appuient sur une hypothèse récente liant cette carence à un risque accru de cancers non cutanés. L'Institut national du cancer (Inca) dément ces propos et rappelle que cette pratique est cancérogène.

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L’utilisation d’UV artificiels, cancérogènes connus, comme une source de vitamine D n’est aucunement justifiée. C’est le message clair et sans ambigüité de l’Institut national du cancer (Inca). Saisi par la Direction générale de la santé (DGS) après la publication d’articles de presse sur les prétendus bienfaits de l’exposition aux UV artificiels pendant l’hiver, l’Institut publie un démenti cinglant et rappelle les dangers des cabines de bronzage.

Les professionnels des cabines à bronzer utilisent aussi l’hypothèse récente de certains scientifiques, à savoir le fait qu’une faible concentration en vitamine D pourrait être à l'origine d'une augmentation du risque de certaines tumeurs non cutanées. Ainsi, les UV pourraient jouer un rôle protecteur contre les cancers du sein, de la prostate ou du côlon. Inexact, rétorque l’Inca : "Le niveau de preuve de cette affirmation est limité."

Un argument santé injustifié
Selon l’Institut, cette hypothèse repose sur des arguments scientifiques insuffisants. La relation entre une faible concentration de vitamine D dans le sang et un risque accru de cancers est loin d’être évidente. Elle semble même "contradictoire" : des doses élevées de vitamine D peuvent diminuer le risque de cancer colorectal mais augmenter celui du cancer du pancréas, de pronostic plus sombre.

Certains travaux, réalisés sur un faible échantillon de population, établissent un lien positif entre production de vitamine D et exposition aux UV artificiels. "Toutefois, aucune étude n’a été menée sur des appareils correspondant aux caractéristiques strictement définies par la réglementation française", précise l’Inca. "Les résultats obtenus ne peuvent donc pas être transposés en l’état aux appareils mis à disposition du public en France."

Rapport bénéfice/risque négatif

Le rapport bénéfice/risque est donc négatif, souligne l’Inca. D’autant plus que le rayonnement émis par les installations de bronzage artificiel a été classé "cancérogène certain pour l’homme" en 2009 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Les UV artificiels représentent, avec une exposition excessive aux UV solaires, le principal facteur de risque environnemental des cancers de la peau.

Chaque année en France, 80.000 nouveaux cas de cancers cutanés sont recensés. Le mélanome, forme la plus agressive, a vu son incidence tripler entre 1980 et 2005. D’après les projections de l’Institut de veille sanitaire (InVS), le nombre de nouveaux cas de mélanomes en France est estimé à 9.800 – dont 1.600 décès – pour la seule année 2011.

"Etant donné que les UV artificiels sont des cancérogènes avérés et que l’apport en vitamine D est possible par voie orale – apports alimentaires, consommation d’aliments enrichis et/ou supplémentation –, l’utilisation des bancs solaires comme source de vitamine D pour la population générale ne peut, en aucun cas, se justifier", conclut l’Inca. D’autant plus que seule 4,5% de la population française souffrirait effectivement d’une carence en vitamine D…

Source : Institut national du cancer (Inca), 19 décembre 2011 – InVS, novembre 2011
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Cancer , Cancer peau

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