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Actualités santé

Comment éviter le déficit de lumière du jour en hiver ?

[ Publié le 14 décembre 2011 ]

Des journées grises et de plus en plus courtes, un soleil souvent en berne : l’hiver ressemble parfois à un long tunnel sombre. Que faire pour satisfaire son besoin de lumière ? Les réponses d’Ouria Dkhissi-Benyahya, neurobiologiste à l’Inserm de Lyon, spécialisée dans l’étude de l’horloge biologique.

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Comme l’animal, nous vivons selon un rythme circadien, c’est-à-dire veille/sommeil, tout au long de l’année. "La lumière est vraiment le régulateur de notre horloge biologique", explique Ouria Dkhissi-Benyahya, neurobiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Lyon. "Dans la grande majorité des cas, les doses de lumières reçues tout au long de l’année en France sont suffisantes pour une personne en bonne santé."

Dérèglements de l'horloge biologique
"En hiver, comme nous recevons beaucoup moins de lumière que durant les autres saisons, un manque peut se faire sentir", souligne-t-elle toutefois. "Il peut entraîner des troubles en cascade, au niveau du métabolisme, notamment chez des patients présentant des facteurs de risques particuliers." Des études réalisées au début des années 80 en Suède ont ainsi mis en évidence un pic d’infarctus du myocarde durant le mois de février. Celui-ci serait lié aux dérèglements de l’horloge biologique.

Au-delà des troubles métaboliques, ce manque de lumière peut être à l’origine de la dépression saisonnière. Les Anglo-Saxons parlent de SAD – ‘triste’ en anglais – pour Seasonal Affective Disorders. Cette maladie ne correspond pas à un simple coup de blues passager : plus grande fatigabilité physique et mentale, anxiété accrue, troubles de l’attention et de la mémoire, tendance à prendre du poids, troubles récurrents du sommeil, sont autant de symptômes désormais bien connus. Les Scandinaves, qui vivent des hivers interminables et aux longues nuits, ont été les premiers à décrire ces troubles d’apparition régulière. Plusieurs travaux ont fait état d’un taux de suicides plus élevé en hiver en Suède et en Norvège.

La luminothérapie doit être encadrée
Pour compenser ce manque, les Scandinaves recourent notamment à la photothérapie, que l’on appelle également luminothérapie ou luxthérapie. Cette technique vise à compenser artificiellement le déficit hivernal d’ensoleillement. Le traitement consiste à s’exposer à la lumière de lampes à haute intensité, dont le spectre est proche de celui de la lumière du jour, ultra-violets exceptés. Leur utilisation bien encadrée élimine les risques pour la peau.

Inutile de vous précipiter sur les lampes que vous trouverez en vente sur Internet, avertit Ouria Dkhissi-Benyahya : "Leur utilisation doit être encadrée, et prescrite par un médecin. Mal utilisées, par exemple trop longuement ou à un moment inopportun de la journée, ces lampes peuvent aggraver les symptômes dépressifs ou les troubles du sommeil."

Source : interview d’Ouria Dkhissi-Benyahya, 27 octobre 2011
(Destination santé ©)

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