Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Dépistage du VIH-sida : toujours trop de découvertes au stade de la maladie

Actualités santé

Dépistage du VIH-sida : toujours trop de découvertes au stade de la maladie

[ Publié le 30 novembre 2011 ]

L’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) met en exergue plusieurs points préoccupants concernant l'épidémie de VIH-sida en France. Si le nombre de nouvelles contaminations reste stable, 30% des découvertes de séropositivité arrivent encore trop tard, signale son signataire , le Pr François Dabis, épidémiologiste à l’université de Bordeaux.

depistage-sida-sidaction_priorite_sante_mutualiste

"La situation épidémiologique de l’infection à VIH reste peu satisfaisante dans notre pays", déplore le Pr François Dabis, signataire de l’éditorial du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). "Est-il besoin de rappeler que le risque d’en mourir est évitable, pour une infection chronique nécessitant un traitement à vie ?", s’insurge cet épidémiologiste à l’université de Bordeaux. Le propos virulent sonne comme un désaveu des politiques de santé publique menées ces dernières années.

"Après avoir nettement diminué entre 2004 et 2007, le nombre de découvertes de séropositivité s'est stabilisé depuis", selon le BEH. En 2010, 6.300 nouveaux cas d’infection par le VIH-sida ont été enregistrés en France contre 6.700 en 2009, soit une baisse de 6%. La région Ile-de-France reste la plus touchée : elle concentre 44% des nouveaux cas en 2010. Autres points noirs : la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane représentent 9% du total des nouveaux cas signalés. Parmi ces personnes, 57% ont été contaminées lors de rapports hétérosexuels, 40% lors de rapports entre hommes et 1% par usage de drogues injectables.

Plus préoccupant : 30% des découvertes de séropositivité sont considérées comme "très tardives", au stade de la maladie. Les patients les plus concernés sont les hétérosexuels et les usagers de drogues injectables, précise le BEH. Il s'agit de "personnes moins sensibilisées" au sida, ou qui n’ont pas d’accès facile aux soins. Résultat : "Elles ne recourent au diagnostic que lorsqu'elles perçoivent des symptômes", déplorent les rédacteurs.

"Le dépistage trop tardif et le traitement différé sont autant d'opportunités manquées dans un système de santé qui est pourtant fort bien organisé pour répondre à la demande", commente le Pr Dabis. "Les conditions d’entrée dans la prise en charge de l’infection peinent donc à évoluer, ce qui explique en grande partie le maintien d’un chiffre élevé de passage au stade de la maladie : environ 1.500 cas par an. Or, une personne dépistée tôt et traitée dès que possible a d’excellentes chances de vivre longtemps."

Avec 5 millions de tests de dépistage réalisés en 2010, cette pratique reste stable en France. Aux yeux du Pr Dabis, elle est toutefois "très insuffisante" car elle équivaut à 77 tests pour 1.000 habitants. "Il faudrait doubler puis tripler ce niveau, et faire disparaître les diagnostics tardifs, pour parvenir à une réduction de 80 à 90% des nouvelles infections d'ici à cinq ans", recommande-t-il. Le dernier plan national contre le VIH-sida, lancé en 2010, "propose d’intensifier et de diversifier les stratégies de dépistage, notamment par les médecins généralistes qui devraient systématiquement proposer le test", indique le Pr Dalbis.

 

Source : BEH, 29 novembre 2011
(Destination santé ©)

Mot-clef : VIH Sida

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

ECHANGER