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Actualités santé

Dépistage du cancer du sein : le sur-diagnostic est-il évitable ?

[ Publié le 25 novembre 2011 ]

Faut-il remettre en cause le dépistage systématique du cancer du sein parce qu’un petit nombre de femmes seront sur-diagnostiquées ? Non, bien entendu, répondent les participants des 33e Journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire, qui se sont tenues début novembre à Marseille. Toutefois, il faut trouver comment gérer cette problématique.

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En matière de dépistage du cancer du sein, les techniques s'affinent et il devient possible de détecter des tumeurs de plus en plus petites, se félicitent les participants aux 33e Journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire, qui se sont tenues à Marseille début novembre. En France, avec la mise en place du dépistage organisé depuis 2004, ces mesures permettent de détecter très précocement de toutes petites tumeurs, dites non-invasives. Or, plus un cancer est pris en charge tôt, plus les chances de guérison sont importantes. D’ailleurs, la mortalité liée au cancer du sein connait une forte baisse en France.

Toutefois, à en croire le Dr Jacques Fracheboud, radiologue à l'université Erasme de Rotterdam (Pays-Bas) et coorganisateur de ce congrès, cette logique ne s’applique pas toujours.  "Sur 10.000 femmes dépistées, 50 en bénéficieront directement car cela leur permettra d'être traitées contre leur maladie, 25 auraient été diagnostiquées sans le recours au dépistage, 13 survivront plus de 15 ans et 7 en mourront malgré tout", détaille-t-il.

Cette avancée a un autre revers : le sur-diagnostic. "Il correspond à la détection, à la suite d'un dépistage, d'un cancer qui ne se serait jamais manifesté cliniquement pendant la vie de la patiente", résume la Dre Brigitte Séradour, radiologue et co-organisatrice de ces Journées. Parmi 10.000 femmes se faisant dépister, cinq "n’auraient jamais déclaré de cancer si elles n'avaient pas participé au dépistage organisé", appuie le Dr Fracheboud. Ces femmes subissent des examens invasifs, voire des traitements lourds, pour une tumeur qui avait, finalement, très peu de risques de s’exprimer.

Faut-il pour autant remettre en cause le dépistage systématique des cancers du sein ? Non, ont répondu les participants à ce congrès. "Il n'est pas du tout question de remettre en cause le programme de dépistage organisé du cancer du sein", souligne la Dre Séradour. Toutefois, "il faut oser dire qu'il existe des inconvénients, et tout faire pour y trouver des solutions." Elle estime ainsi qu’il est "nécessaire de mener des études pour être capable de repérer de façon certaine quelle lésion tumorale de petite taille va évoluer en cancer, pour savoir quelle patiente traiter et quelle autre laisser tranquille".

Source : 33e Journées de la Société française de sénologie et de pathologie, 8-11 novembre 2011
(Destination santé ©)

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