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Actualités santé

Intoxication au mercure : découverte d'une protéine qui protège le cerveau

[ Publié le 20 octobre 2011 ]

Deux équipes françaises ont identifié des protéines qui protégeraient le cerveau contre les effets toxiques du mercure. Ces agents sont appelés chimiokines. Explications.

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Les pollutions chimiques et industrielles sont une source d’inquiétude pour la santé humaine. Les métaux lourds représentent les agents les plus polluants et parmi ces derniers, le mercure figure en bonne place.

En effet, le mercure est responsable de plusieurs catastrophes sanitaires. A Minamata (Japon), plus de 13.000 personnes depuis 1949 sont tombées malades après avoir consommé du poisson contaminé au méthylmercure (MeHg), un dérivé agissant sur le cerveau, les reins et la fonction reproductive. En Amazonie, les populations amérindiennes et riveraines de certains fleuves ont été contaminées par le MeHg présent dans certains poissons. Enfin, une étude menée en 2002 sur les enfants du Haut-Maroni, en Guyane française, a montré un lien entre l’imprégnation au mercure et certains déficits cognitifs et moteurs.

Comment lutter contre la toxicité de ce métal lourd ? L’unité 968 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) "Institut de la vision", à Paris, et une équipe du Centre national de recherche scientifique (CNRS) de l’université de Bordeaux ont mené une étude permettant de mieux comprendre les mécanismes qui provoquent ces effets délétères.

Les effets du mercure possibles à neutraliser
Les deux équipes françaises sont d’abord parvenues à reproduire, chez la souris, l’intoxication alimentaire observée parmi les populations amérindiennes. Avec des résultats inquiétants sur le cerveau, notamment. "Une perte d’environ 30% des cellules nerveuses dans le cortex des souris contaminées a été observée dès trois mois de traitement avec des croquettes contenant de la chair de poisson péché en Guyane", précisent les auteurs.

Les chercheurs ont aussi observé qu’une petite protéine appelée chimiokine (CCL2) exerçait un effet protecteur contre les effets neurotoxiques du mercure. "Les chimiokines sont connues pour participer, dans le système immunitaire, à la maturation et à la migration des leucocytes, en particulier au cours de l’infection et de l’inflammation", expliquent les auteurs. En d’autres termes, elles aident le système immunitaire à lutter contre les agents pathogènes.

Enfin, les deux équipes ont montré que si le MeHg pouvait provoquer une inflammation des neurones, la chimiokine agissait, elle, comme "un système d’alarme neuroprotecteur". Reste à vérifier si ces résultats se confirmeront chez l’homme. D’autres études sont en cours.

Source : Toxicological Sciences, 18 octobre 2011
(Destination santé ©)

Mots-clefs : Intoxication , Pollution

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