Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Cancer et téléphones portables : une nouvelle étude conclut à l'absence de lien

Actualités santé

Cancer et téléphones portables : une nouvelle étude conclut à l'absence de lien

[ Publié le 21 octobre 2011 ]

Une étude danoise d’une ampleur inédite indique qu’il n’existe aucune relation entre l’utilisation d’un téléphone portable et le risque de développer un cancer, sur une durée allant jusqu’à quinze ans. Ce travail montre toutefois quelques limites méthodologiques. Explications et perspectives.

portable-telephone

Une nouvelle étude bat en brèche les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En mai 2011, le Circ avait estimé que l'usage des téléphones portables était "peut-être cancérigène pour l'homme", après que des experts aient analysé toutes les études disponibles sur le sujet. Certaines montraient un risque accru de gliome, une tumeur maligne du cerveau.

"Il n’existe pas de relation entre l’utilisation du téléphone portable et le risque d’apparition de tumeurs cérébrales", réplique cette nouvelle étude. Elle a été menée auprès de 358.043 Danois abonnés à un service de téléphone portable, et suivis pendant dix-huit ans. Elle a été conduite par une équipe de la Société danoise du cancer, pilotée par une Helvète, Patrizia Frei.

Patrizia Frei et son équipe ont prolongé un premier travail, réalisé entre 1982 et 1995. Après avoir repris les informations des personnes suivies et les avoir actualisées sur la période 1990-2007, Patrizia Frei a recensé 10.729 cas de tumeurs du système nerveux central sur 358.043 utilisateurs de portables. Les femmes semblaient légèrement plus atteintes que les hommes, avec 5.618 cas contre 5.111. Dans la plupart des cas, il s’agissait de tumeurs cérébrales : des gliomes et des méningiomes.

"Les chiffres que nous avons retrouvés ont été similaires, donc statistiquement non-significatifs, chez les usagers de mobiles et les autres sujets" qui n'étaient pas censés se servir d'un portable, indique Patrizia Frei. Cette étude ne met pas non plus en évidence un risque particulier de voir se développer des tumeurs affectant les zones les plus proches de l’appareil, notamment cérébrales et génito-urinaires.

Des limites méthodologiques
Ce travail pourrait donc apporter enfin une réponse ferme à la question qui suscite, depuis tant d’années, l’inquiétude de nombreux Français. Toutefois, il est important de souligner qu’il ne tient compte que des personnes abonnées personnellement et non de celles qui ne disposent que d'un portable professionnel. Ces dernières sont classées comme non-utilisatrices, alors qu’elles utilisent parfois très souvent leur portable professionnel. Par ailleurs la durée quotidienne d'utilisation n'est pas connue, les abonnés n'ayant pas été interrogés.

Enfin, la durée d’exposition n’aurait pas non plus d’influence sur le risque de cancer mais, pour cette étude, elle reste limitée à quinze années. Il n’existe pour l’heure aucune donnée confortant l’existence d’un risque particulier lié à une exposition plus intense ou de plus longue durée. A cet égard, les chercheurs n'excluent pas qu'une augmentation du risque apparaisse chez les très gros utilisateurs faisant usage d’un téléphone portable pendant plus de quinze ans. Ce sujet pourrait faire l'objet d'études ultérieures.

Cette étude a été publiée dans le British Medical Journal (BMJ). L’éditorial de ce numéro, écrit par le Pr Anders Ahlbom du Karolinska Institutet de Stockholm (Suède) estime que ces "nouvelles données sont rassurantes mais il reste très important et recommandé de poursuivre les travaux sur cette problématique". D’autant plus qu’on compte actuellement cinq milliards d’abonnés à la téléphonie mobile dans le monde…

Source : British Medical Journal, BMJ 2011 ; 343 :d6387 doi : 10.1136/bmj.d6387 – Circ, communiqué sur les radiofréquences, 31 mai 2011
(Destination santé ©)

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

CHOISIR