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Accidents nucléaires : un risque accru de cancers de la thyroïde ?

[ Publié le 18 octobre 2011 ]

Comme après Tchernobyl (Ukraine) en 1986, l’accident nucléaire de Fukushima (Japon) en 2011 fait planer le spectre de maladies graves induites par les radiations. En première ligne : les cancers de la thyroïde. Le Pr Emmanuel Babin, responsable de l’unité "cancérologie tête et cou" à l’hôpital universitaire de Caen, fait le point sur cette pathologie.

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L’accident nucléaire de Fukushima (Japon), le 11 mars 2011, a provoqué une vague mondiale d’inquiétude, au point que certains pays commencent à chercher des alternatives à l'énergie nucléaire. Parmi les sujets sensibles, le risque de cancer de la thyroïde, cette glande très importante qui contrôle la vitesse à laquelle le corps utilise de l'énergie, fabrique des protéines et réagit aux autres hormones.

En cas d’exposition nucléaire, comme lors de l’accident de Tchernobyl et, plus récemment, de Fukushima, "la thyroïde est la première glande affectée par la radioactivité", souligne le Pr Emmanuel Babin, responsable de l’unité "cancérologie tête et cou" à l’hôpital universitaire de Caen. Pour la protéger, "il faut la saturer d’iodure de potassium dans plus plus brefs délais". Cette substance se présente sous forme de comprimés qui permettent de saturer la thyroïde en iode stable, afin qu’elle n’absorbe pas d’iode radioactive.

"Lorsqu’elle ne prend pas ces comprimés à temps, la victime est très exposée à développer un cancer de la thyroïde", indique le Pr Babin. "C’est ce qui s’est produit à Tchernobyl, surtout chez les jeunes enfants, et c’est ce qui va se produire à Fukushima."

Les radiographies en cause ?
Les accidents nucléaires ne sont pas les seuls responsables des cancers de la thyroïde. "En France, leur incidence a été en augmentation constante et régulière de 6% par an, entre 1980 et 2005" fait savoir le Pr Babin. Chaque année, environ 3.700 cas de cancers de la thyroïde sont diagnostiqués. Certains sont bénins, d’autres nécessitent un traitement chirurgical. En effet, "lorsque la malignité de la tumeur est confirmée, le traitement repose sur l’ablation totale de la thyroïde et des ganglions", explique le Pr Babin. "Ce geste est généralement réalisé par des chirurgiens ORL, qui connaissent parfaitement cette région anatomique."

Si l’iode radioactive n’est pas seule en cause, qu’est-ce qui fait progresser le nombre de cas ? "L’usage médical des rayonnements dans l’enfance est partiellement en cause", répond le Pr Babin. Son analyse est confirmée par l’Institut de veille sanitaire (InVS), qui a récemment publié un rapport sur la question. Pour expliquer cette augmentation, les auteurs évoquent eux aussi "principalement l’évolution des pratiques médicales", tout en admettant que "les connaissances scientifiques ne permettent pas d’exclure la possibilité d’un faible excès de cancers de la thyroïde en France lié à l’accident de Tchernobyl".

Quels sont les signes avant-coureurs d’un cancer de la thyroïde ? "Les patients doivent consulter dès lors qu’ils sentent, autour de la trachée, une tuméfaction dure et douloureuse parfois associée à un trouble de la voix", recommande le Pr Babin. Il souligne que ce cancer se soigne très bien dès lors qu’il est pris à temps : "Dix ans après le diagnostic, si le traitement est bien réalisé, neuf personnes sur dix sont toujours en vie."

Source : interview du Pr Emmanuel Babin, 11 octobre 2011
(Destination santé ©)

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