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Phobies : quand la peur vous rend malade

[ Publié le 20 septembre 2011 ]

Souvent prétextes à des films d’horreurs, les phobies n’ont pas toujours été considérées comme des maladies. Au Moyen-Âge, elles étaient même regardées comme des troubles anecdotiques. Depuis, les choses ont changé et les phobies peuvent être guéries. Les explications de la Dre Rachel Bocher, psychiatre à l’hôpital universitaire de Nantes.

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Peur des araignées, de prendre l'avion, du vide ? En France, un quart de la population avoue souffrir de phobies, ces peurs irraisonnées, instinctives et obsédantes. "Les phobies sont des maladies névrotiques qui se manifestent par l’apparition systématique et immédiate d’une peur intense et incontrôlable", explique la Dre Rachel Bocher, psychiatre à l’hôpital universitaire de Nantes. En la matière, les objets pouvant susciter la peur sont aussi nombreux que variés. L'association psychiatrique américaine recense pas moins de 6.456 phobies !

Phobies spécifiques ou sociales
Les phobies dites "d'objets ou de situations" sont les plus spectaculaires. Elles concernent spécifiquement un objet, un élément ou une situation particulière. C’est le cas, par exemple, de la peur des animaux, de l’orage ou de prendre l’avion, ou même des grenouilles ou des clowns ! Parmi les plus connues, car souvent utilisées dans les films d’horreur : l’arachnophobie est la peur des araignées, l’herpétophobie désigne celle des serpents, la peur de l’enfermement s’appelle claustrophobie.

Les phobies dites "sociales" sont plus invalidantes au quotidien, car elles aliènent significativement la liberté du patient. Elles naissent de situations où le sujet doit entrer en interaction avec les autres : intervenir devant un public, rencontrer les autres en étant seul, se mêler à une foule (agoraphobie), par exemple. Ces personnes peuvent aussi avoir peur de répondre à des questions et d’utiliser des toilettes publiques. Cette peur peut aller jusqu’aux crises de panique. Il en résulte souvent un évitement social qui limite leurs activités.

Des mécanismes mal définis
Quelles sont les causes de ces peurs ? "Les phobies n’ont rien d’inné", assure la Dre Bocher. "Toutefois, elles peuvent trouver leur origine dans un héritage familial ou collectif. Ces peurs intenses sont souvent développées après une expérience traumatisante." Elles apparaissent fréquemment à l’adolescence. Par la suite, elles peuvent s’atténuer ou, au contraire, s’amplifier jusqu’à se structurer en maladies névrotiques.

"Quel est le seuil de la peur ? C’est là une question essentielle", estime la Dre Bocher. En effet, "la peur est un sentiment tout à fait naturel. Mais la différence entre une peur bénigne et une phobie se situe dans le seuil de déclenchement de l’angoisse, qui peut se manifester systématiquement par des troubles somatiques comme le cœur qui accélère, des suées profuses, voire une perte de connaissance." Ces symptômes sont provoqués par un afflux d’adrénaline, l’hormone du stress, qui cherche à défendre l’organisme contre la menace.

Psychothérapie et anti-anxiété
Les conséquences de ces phobies peuvent être très importantes en termes de qualité de vie. Lorsqu’un phobique tente à tout prix d’éviter l’objet de sa peur, son existence sociale peut devenir difficile, voire impossible. D’autant plus que "l’angoisse anticipatoire provoque une mésestime de soi, voire un sentiment de honte" note la Dre Bocher. Et pour ceux qui tentent de se confronter à l’objet de leur angoisse, la phobie peut être source d’épuisement et les conduire à des comportements à risque comme la consommation de stupéfiants.

La bonne nouvelle, c’est que les phobies sont désormais prises au sérieux et qu’elles peuvent être soignées. Plusieurs types de traitements sont envisageables : "Des anxiolytiques ou des antidépresseurs adaptés peuvent être administrés à certains patients", indique la Dre Bocher. "Pour d’autres, ou en complément des médicaments, une psychothérapie classique ou cognitive et comportementale peut être menée."

Si vous souhaitez vous défaire d’une phobie, parlez-en à votre médecin traitant.

Source : interview de la Dre Rachel Bocher, 9 septembre 2011
(Destination santé ©)

Mot-clef : Stress

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