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Actualités santé

Explosion de l'usine AZF : dix ans après, des troubles auditifs et psychiques persistants

[ Publié le 19 septembre 2011 ]

Ce mercredi 21 septembre marquera les dix ans de l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium au sein de l’usine AZF, à Toulouse, qui avait fait 31 morts et plus de 2.500 blessés. Dix ans après, l'impact sanitaire de ce drame est toujours très fort.

azf

Un impact sanitaire considérable, même dix ans après. C’est la conclusion préliminaire d’une étude menée auprès de 3.006 volontaires formant la "cohorte AZF", du nom de l’usine toulousaine dans laquelle, le 21 septembre 2001, un stock de nitrate d’ammonium avait explosé. La déflagration avait alors causé la mort de 31 personnes et blessé plus de 2.500 autres. Cette étude, menée par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Toulouse et l’Institut de veille sanitaire (InVS), est toujours en cours.

"Les pertes auditives et les conséquences sur la santé mentale persistent dans le temps et les populations, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, de riverains ou de travailleurs", déclare la Dre Valérie Schwoebel, responsable de la cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) en Midi Pyrénées. " C’est vrai pour les personnes qui avaient été très exposées au moment de l’accident mais aussi, à un niveau moindre, parmi les populations plus éloignées."

Ainsi, cinq ans après l’explosion, en 2006, 31% des hommes et 21% des femmes exposés souffraient toujours d’acouphènes – des sifflements ou bruits gênants, perçus par l’oreille sans qu’il y ait une source sonore extérieure. L’hyperacousie, qui désigne une hypersensibilité au bruit, affectait 26% des hommes et 35% des femmes.

Inquiétante montée des syndromes dépressifs
Par ailleurs, quatre ans après la déflagration, 14% des victimes consommaient des anxiolytiques et 10%, des antidépresseurs. "Nous nous sommes aperçus que cette consommation était plus fréquente parmi les personnes qui étaient proches de l’explosion", note la Dre Schwoebel. Ainsi, les hommes qui se trouvaient à moins de 1,7 km du site sont trois fois plus nombreux à en consommer que ceux qui se trouvaient à plus de 5 km.

Enfin, plusieurs années après l’explosion, le sentiment de mal-être est toujours perceptible chez de nombreuses victimes. En 2007, 42% des hommes et 60% des femmes manifestaient encore des symptômes de dépression. En 2005, ces signes cliniques étaient relevés chez 34% des hommes et la 50% des femmes : ces chiffres ne cessent donc pas d’augmenter.

Pour les années 2009-2011, "le bilan final de la cohorte quant aux conséquences à moyen terme de l’explosion ne sera disponible qu’en 2012", précise la Dre Schwoebel. "Il s’agit là d’un processus long."

34 millions d’euros de prise en charge par l’assurance maladie
Forte de ces constats intermédiaires, l’InVS insiste sur "l’importance de mettre en place un dépistage des déficits auditifs dans la zone proche de l’explosion, et de renforcer la prise en charge psychologique et l’orientation vers des spécialistes en cas de risques psychiatriques". Si vous avez été concernés par ce drame, il n’est pas trop tard pour consulter.

De septembre 2001 à juillet 2011, la CPAM a ouvert, très exactement, 11.618 dossiers pour des assurés déclarés comme victimes de l’explosion AZF : 7.827 au titre du risque maladie et 3.791 au titre d’accident du travail. "Les dépenses de soins, d’indemnités journalières dans le cadre d’arrêts de travail, de pensions d’invalidité ou de rentes d’accidents prises en charge représentent plus de 34,4 millions d’euros à la fin janvier 2009", souligne la CPAM.

Source : interview Dre Valérie Schwoebel, 16 septembre 2011 – InVS et CPAM, sites consultés le 19 septembre 2011
(Destination santé ©)

Mot-clef : Stress

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