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Allergies respiratoires : la désensibilisation, simple et efficace

[ Publié le 5 septembre 2011 ]

Acariens, pollens, poils d’animaux : ces allergènes empoisonnent la vie de millions d’allergiques. Les cures de désensibilisation existent et sont efficaces, mais encore méconnues en France. On en compte 100.000 par an pour vingt fois plus d’allergiques. Le point avec le Pr Pascal Demoly, pneumologue et allergologue, qui dirige l'unité d'exploration des allergies à l'hôpital Arnaud de Villeneuve rattaché à l’hôpital universitaire de Montpellier.

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Nez qui coule, yeux rouges et gonflés, asthme : les symptômes des allergies respiratoires sont dus à une réaction disproportionnée du corps à une substance qu’il considère comme agressive. Pour y remédier, la désensibilisation est efficace mais aussi très longue. Egalement appelée immunothérapie allergénique, elle est recommandée dès l’âge de cinq ans.

"La désensibilisation consiste, schématiquement, à forcer l’organisme d’un patient allergique à tolérer l’allergène en question, en lui administrant des doses importantes et, bien souvent, croissantes, de cette substance", explique le Pr Pascal Demoly, chef de l'unité d'exploration des allergies à l'hôpital Arnaud de Villeneuve rattaché à l’hôpital universitaire de Montpellier. Elle vise donc à adapter la réponse immunitaire de l'organisme, en l'habituant progressivement à l'allergène responsable. "Il s'agit du seul traitement qui agit de façon durable sur l'origine et les symptômes d'une allergie", insiste-t-il. "Elle prévient aussi l'aggravation de l'allergie et l'évolution, fréquente, de la rhinite allergique vers l'asthme."

Des cures trop peu proposées
Egalement président de la société française d’allergologie (SFA), le Pr Demoly déplore qu’en France, "les bienfaits des cures de désensibilisation soient très méconnus". On compte chaque année 100.000 initiations de cures de désensibilisation mais "par rapport au nombre d'allergiques, il devrait y en avoir vingt fois plus." En effet, les allergies respiratoires touchent environ 25% des Français, soit une personne sur quatre.

"Pas question d'entamer une cure pour un simple nez qui coule", prévient le Pr Demoly. "L'allergie doit être prouvée chez un patient qui résiste aux traitements classiques." Par ailleurs, "l'allergène principal doit être identifié à la suite de tests spécifiques". Une fois les résultats connus, la cure de désensibilisation va durer entre trois et cinq ans.

Ce long délai décourage bien des patients. Selon une étude de la SFA, cette pratique n’est proposée qu’à 20% des malades consultant un allergologue et seuls 58% l’acceptent. Les raisons d’un refus tiennent à la durée du traitement (31%) et à des doutes sur son efficacité (20%). De plus, "parmi ceux qui acceptent de démarrer, environ la moitié abandonne en cours de route", regrette le Pr Demoly qui évoque "une méconnaissance totale du sujet".

Une piqûre par mois ou un comprimé par jour ?
Les contraintes associées au traitement accentuent ces réticences. "Actuellement, une cure de désensibilisation s’effectue soit par voie sous-cutanée, soit par voie sublinguale. En sous-cutané, le patient reçoit des injections mensuelles pendant toute la durée du traitement", indique le Pr Demoly. Sur une cure de cinq ans, cela représente 60 injections. "C’est justement l’image que les patients ont de cette cure, tout comme de nombreux médecins, d’ailleurs", souligne-t-il. "Il faut toutefois savoir que si le traitement ne fonctionne pas au cours de la première année, il est arrêté. On ne part donc pas pour cinq ans !" Ces injections sont indolores mais elles nécessitent de rester une demi-heure en surveillance au cabinet du médecin, en raison d’un risque de survenue d'une réaction allergique.

Sans compter qu’aujourd’hui, la majorité des cures s’effectue par voie sublinguale. "Le traitement est simple et très efficace", affirme le Pr Demoly. "Il repose sur la prise d’un comprimé par jour, en commençant généralement deux mois avant la phase d’exposition à l’allergène, puis en poursuivant durant toute la période problématique. Ensuite, le patient s’arrête jusqu’à l’année suivante. Il répète ce cycle durant trois à cinq ans." Les effets se font rapidement sentir : "nous obtenons d’excellents résultats", assure le Pr Demoly. Cette administration représente un grand progrès pour les patients mais elle nécessite de prendre son traitement chaque jour, sans oubli. "Il faut s’autodiscipliner", commente le spécialiste. La voie sublinguale est aussi efficace que la voie sous-cutanée et occasionne moins d’effets secondaires.

Si vous souffrez d’une allergie respiratoire, rendez vous chez votre médecin traitant. Le cas échéant, il vous dirigera vers un allergologue. Attention : l’immunothérapie allergénique n’a pas d’effet sur les allergies alimentaires.

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site de l'association Asthme et allergies : http://asthme-allergies.org

Source : Interview du Pr Pascal Demoly, 18 août 2011 – SFA, août 2011
(Destination santé ©)

Mot-clef : Allergie

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