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Actualités santé

Une campagne pour enrayer la progression des infections sexuellement transmissibles

[ Publié le 1 juillet 2011 ]

Face aux infections sexuellement transmissibles (IST), les Français baissent la garde. Résultat : leur fréquence augmente. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 30 juin fait le point sur les principales IST, à l’exception du VIH. De son côté, l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation.

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Gonococcies, chlamydioses, infection à papillomavirus humain (HPV), hépatite B, syphilis. Contre ces infections sexuellement transmissibles (IST), se protéger lors d’un rapport sexuel constitue la base de la prévention. Or, en France, les pratiques de vigilance se sont relâchées et les comportements à risque se développent. Résultat : les IST progressent.

C’est le bilan que dressent les auteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), publié le 30 juin. Les principales IST, à l’exception du VIH/sida, traité à part, sont passées en revue l’une après l’autre. De son côté, l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes), qui fait plus ou moins le même constat, va lancer une nouvelle campagne de sensibilisation et de dépistage de ces maladies.

Chaude-pisse et syphilis, des "maladies sentinelles"
Premier constat : les gonococcies, ou chaude-pisse, provoquées par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, connaissent une progression importante. Entre 2008 et 2009, leur nombre a augmenté de 52%. "Cette progression [observée] chez l'homme comme chez la femme et quelle que soit l'orientation sexuelle, même si les homosexuels masculins sont les plus touchés, justifie de rester vigilant", observent les rédacteurs du BEH.

"Ces infections sont en hausse constante depuis 2004", souligne l’Inpes. Souvent asymptomatiques chez les femmes, elles causent des douleurs chez les hommes. Les gonococcies se transmettent très facilement à l'occasion de relations bucco-génitales – fellation et cunnilingus – car le pharynx est un véritable réservoir pour la maladie.

Par ailleurs, l'épidémie de syphilis se poursuit depuis 2001, même si "le nombre de cas a baissé de 12% ces deux dernières années", nuance le BEH. Cette IST touche tout particulièrement les homosexuels et bisexuels de sexe masculin. Depuis quelques années, elle atteint également les femmes. Si elle n'est pas traitée, elle provoque, plusieurs années après la contamination, des complications graves au niveau du cerveau, des nerfs et du coeur.

Avec la gonococcie, la syphilis est "une maladie sentinelle, constituant un véritable observatoire de la sexualité des populations", précisent les auteurs. La surveillance de ces IST reste donc au centre des travaux de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Des IST réapparaissent ou se répandent
Moins fréquente, la lymphogranulomatose vénérienne (LGV), autrement appelée maladie de Nicolas-Favre, qui avait disparu au milieu des années 80 pour réapparaître en 2003. Elle est due à une bactérie du genre Chlamydia infecte les ganglions de l’aine. Ils augmentent de volume et présentent des lésions qui donnent à la peau un aspect de pomme d'arrosoir de laquelle s'écoule du pus épais et visqueux. Cette IST touche particulièrement la population homosexuelle.

Enfin, l'hépatite B (VHB), les infections à papillomavirus humain (HPV) et la chlamydiose, sont le plus souvent asymptomatiques mais potentiellement graves. Le virus de l'hépatite B est à l'origine de cancers du foie, les papillomavirus humains provoquent des cancers du col de l'utérus,et les chlamydioses peuvent entraîner une stérilité définitive.

Les rédacteurs du BEH estiment à "2.400 le nombre de nouveaux cas d'infection à VHB par an, en France". La seule réponse possible consiste en "une augmentation de la couverture vaccinale" contre l'hépatite B. En ce qui concerne les HPV, le dépistage par frottis du col de l'utérus et la vaccination des jeunes filles et jeunes femmes doivent être poursuivis. Enfin, les chlmaydioses sont les IST les plus fréquentes chez la femme. Comme leur dépistage et leur traitement sont relativement simples, "il serait souhaitable de les inscrire dans les priorités de santé publique et de les rendre gratuits."

Campagnes sur le dépistage régulier

Ces tendances reflètent naturellement la progression des comportements à risque. Les jeunes femmes de 18 à 24 ans et les hommes de 25 à 29 ans sont les plus touchés. Plus que jamais, concluent les auteurs du BEH, l'usage du préservatif doit être préconisé.

Avec l’arrivée des vacances et des amours d’été, l’Inpes a lancé, fin juin, une campagne de prévention et de dépistage des IST. Elle est intitulée "si les IST pouvaient parler. "L’objectif : "dépister tôt pour éviter les transmissions au partenaire, et traiter tôt afin d'éviter les complications". Le court-métrage évoque toutes les IST, y compris le VIH/sida.

Pour inciter les jeunes, notamment, à se faire dépister, un autre film est diffusé sur Internet jusqu'au 23 juillet. Il présente des interviews d'IST personnifiées pour la circonstance. "Gonococcie", "Hépatite B", "Chlamydia" et "Syphilis" expliquent leurs spécificités d'action, leurs modes de contamination et leurs complications. Le ton cynique des personnages caricaturaux et la mise en scène s'adressent tout particulièrement à un public jeune. Ces interviews seront partagées sur les sites Facebook, Dailymotion et Youtube.

Quant au site www.info-ist.fr, modéré par l’Inpes, il a été actualisé. Il délivre une information plus complète sur chaque IST, avec ses signes et ses complications. Il rappelle les gestes-clé pour se protéger : préservatif pour chaque rapport sexuel, dépistage quand on souhaite arrêter le préservatif ou qu’on a plusieurs partenaires, et si l’on est atteint, prise des traitements prescrits jusqu’au bout. "Il convient également, lorsque l’on découvre que l’on est infecté par une IST, de prévenir son ou ses partenaire(s) afin qu’il(s) ou elle(s) puisse(nt) également se faire dépister et traiter le cas échéant", souligne l’Inpes.

Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), InVS, 30 juin 2011 – Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 30 juin 2011 – Site du Syndicat national des dermatologues vénéréologues, 30 juin 2011
(Destination santé)

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